«Théorie du genre» au lycée: L'Unsa-Education demande à Luc Chatel d'intervenir

POLÉMIQUE a deuxième fédération syndicale du monde éducatif appelle au respect des libertés «éditoriale et pédagogique»...

© 2011 AFP

— 

Luc Chatel visite une école élémentaire, le 15 avril 2011.
Luc Chatel visite une école élémentaire, le 15 avril 2011. — JS EVRARD/SIPA

L'Unsa-Education, deuxième fédération syndicale du monde éducatif, a demandé ce mercredi que le ministre Luc Chatel intervienne dans la polémique sur les manuels de sciences de la vie et de la terre (SVT), notamment pour faire respecter les libertés «éditoriale et pédagogique».

Le ministre de l'Education nationale «doit faire cesser la polémique», écrit la fédération dans son communiqué. Elle «s'indigne de (la) démarche dogmatique» de «80 parlementaires UMP» qui «viennent de demander la censure d'un manuel de sciences de première en reprenant la pseudo-argumentation sur la théorie du genre». Cette démarche «prétend imposer une conception aux antipodes de ce que reconnaît le droit français en termes de respect - et non de simple tolérance - de l'orientation sexuelle de chaque individu», selon l'Unsa-Education.

Elle «demande au ministre de l'Éducation nationale d'intervenir officiellement et fermement pour que soient respectés les principes de liberté éditoriale et pédagogique qui s'exercent dans le cadre des programmes ministériels». L'Unsa-Education conclut son communiqué en estimant que les 80 députés UMP n'ont «manifestement pas lu» le manuel de l'éditeur Hachette qu'ils critiquent le plus, et appelle à le consulter, via un spécimen accessible en ligne.

Copé soutien sans réserve les 80 députés

Ce mercredi en début d'après-midi, lors du point presse hebdomadaire de l'UMP, Jean-François Copé, a soutenu sans réserve les 80 députés réclamant le retrait de manuels scolaires qui reprennent la théorie du genre, en estimant qu'ils «posent une vraie question». Le secrétaire général du parti a concédé que «ce n'est pas aux responsables de faire les programmes scolaires, ça ne l'a jamais été. Chacun son métier. On n'est pas là pour écrire des manuels scolaires, nous les responsables politiques».

«En revanche, a-t-il ajouté, on est là aussi pour fixer des principes. On est en droit de poser un certain nombre de questions. Ce qui est profondément choquant dans cette affaire, c'est que la théorie du genre, qui est une théorie défendue par des personnes mais combattue par d'autres, soit présentée comme une vérité scientifique alors que ça ne l'est pas.»