la garde à vue va encore évoluer

Vincent Vantighem

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A peine trois mois qu'elle est entrée en vigueur. Et pourtant, la réforme de la garde à vue devrait déjà subir quelques évolutions. « Les policiers sont circonspects par la lourdeur de la procédure et la quantité de paperasse à remplir, nous a ainsi confié Sébastien Huyghe, député UMP membre du Comité de suivi de la réforme. Nous allons voir comment faire évoluer les choses sans pour autant modifier la loi. » Une réunion sur ce sujet est d'ailleurs prévue le 13 septembre. Selon nos informations, le ministère de l'Intérieur travaillerait d'ores et déjà sur de « nouvelles méthodes de travail » destinées à alléger la tâche des policiers. « Cela pourrait prendre la forme d'une circulaire envoyée aux services de police », poursuit Sébastien Huyghe. « C'est en effet quelque chose que l'on envisage », nous a confirmé, hier, un proche de Claude Guéant.

« Moins concentré sur le métier »
Entrée en vigueur dans l'urgence au printemps dernier, la réforme de la garde à vue n'a pour l'instant satisfait ni les avocats (lire ci-contre) ni les policiers. « La procédure est très lourde, déplore Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie Officiers. Les avocats font énormément de remarques juridiques pour tenter de faire annuler les procédures. De plus en plus, on redoute de placer les suspects en garde à vue. » Les statistiques de L'Office national de la délinquance que 20 Minutes révèle en attestent. Après une première baisse en juin, le nombre de gardes à vue a diminué de 26,12 % en juillet par rapport à juillet 2010. Mais ce n'est pas le plus inquiétant. Alors que le nombre de faits constatés a baissé de 1,91 % en un an, le nombre de faits élucidés a, lui, chuté de 3,69 % sur la même période. « On est concentré sur les formalités, se désole Laurent Ysern, du syndicat Unité SGP. Beaucoup moins sur notre cœur de métier… »

L'Atteinte aux biens loin d'être élucidéeC'est la préoccupation principale de Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur. Le taux d'élucidation des faits d'atteinte aux biens (cambriolages, vols, etc.) est en baisse en juillet. Seuls 13 % des faits constatés ont été élucidés. En avril, avant la réforme, il était de 15,4 %.