Affaire DSK: «L'immense soulagement» des socialistes et le sentiment de «gâchis» des strauss-kahniens

RÉACTIONS es strauss-kahniens espèrent qu'il prendra part au débat politique...

Maud Pierron

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Jean-Christophe Cambadélis s'exprime devant les journalistes sur l'affaire DSK le 16 mai 2011 devant le siège du Parti socialiste, rue de Solférino, à Paris. 
Jean-Christophe Cambadélis s'exprime devant les journalistes sur l'affaire DSK le 16 mai 2011 devant le siège du Parti socialiste, rue de Solférino, à Paris.  — DUPUY FLORENT/SIPA

«Soulagement», c’est le premier mot donné par les socialistes lundi soir, après que le procureur de Manhattan a recommandé au juge d’abandonner les poursuites d’agression sexuelle et de viol contre DSK. «C'est un immense soulagement, c'est l'heureux dénouement que tous ses amis espéraient. Au nom de tous les socialistes, je lui adresse le plus chaleureux témoignage d'amitié après l'épreuve qu'il vient de subir et tous mes voeux pour qu'il reconstruise rapidement sa vie», a déclaré Harlem Désir, premier secrétaire par intérim. Quant à Martine Aubry, candidate socialiste à la primaire qui avait un pacte avec DSK, elle place sa réaction sur le plan personnel. «Ce soir, je pense avec énormément d'affection à Dominique et Anne», a-t-elle déclaré à l’AFP. «Je suis très heureuse de la nouvelle qu'a annoncée le procureur. Il faut évidemment attendre que le juge confirme demain».  

François Hollande, lui, s'est aussi réjoui «après 3 mois d'une épreuve insupportable». Sur son compte Twitter, Manuel Valls déclare: «J'éprouve une profonde émotion, pour lui et Anne, et une vraie colère vis à vis de ce gâchis».

 

Même «soulagement» pour le député strauss-kanien Jean-Marie Le Guen, mais «il faut attendre» la décision formelle du juge mardi, a-t-il lâché sur BFM-TV. Vue la situation actuelle, «on a besoin de la parole de DSK». «Cela fait beaucoup trop longtemps que pour des raisons fallacieuses il a été écarté du débat politique», a ajouté le député de Paris, qui parle de «déni de justice». «Tout ça pour ça», a pesté, sur I-Télé, François Pupponi, le maire de Sarcelles, fief de DSK, qui parle de «gâchis». Pierre Moscovici, député strauss-kahnien qui a rejoint François Hollande, «se réjouit» de son côté de la décision du procureur, «une décision qui lui rend toute sa liberté, de mouvement, morale, de parole».

«Au service de la gauche en 2012»?

Peut-il revenir dans le jeu politique? Là, les réactions sont plus prudentes parmi les proches de DSK et sur le même ton: le respect de la procédure des primaires. Avec les mêmes éléments de langage, tous disent que cette nouvelle ne doit pas perturber la primaire socialiste. «L’esprit de réalité c’est que le temps a passé, qu’il s’est trouvé dans une situation dont il ne pouvait pas intervenir dans le débat politique», a expliqué Jean-Marie Le Guen, ajoutant que «l’idée», c’est qu’il «s’exprime sur le fond». Il «retrouve sa liberté d'action et de parole qui sera tant utile à notre pays».

«Je souhaite qu’il apporte à notre pays son talent, son expérience», a également réagi Jack Lang, sur I-Télé.  Pour Michèle Sabban, supportrice de la première heure de DSK, les primaires doivent continuer comme elles ont commencé» mais la France et l’Europe «ont besoin d’un homme comme DSK», a-t-elle déclaré sur I-Télé.  André Vallini, député de l’Isère, a estimé sur I-Télé que «quelqu’un qui a été un grand directeur du FMI peut et doit jouer un rôle très important» et doit être «au service de la gauche en 2012». Encore faut-il que DSK le souhaite. «Il faut lui laisser le temps de reprendre pied dans la vie normale», ajoute-t-il.