Le porte-monnaie des étudiants mis à l'épreuve

EDUCATION Selon l'Unef, la flambée des dépenses liées au logement et l'augmentation des frais obligatoires va fortement affecter le budget des jeunes...

Delphine Bancaud

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Jacques Demarthon AFP

Le pouvoir d’achat des étudiants va lui aussi, trinquer lors de cette rentrée. Selon la septième étude de l’Unef sur le coût de la vie étudiante, rendue publique ce lundi, celui-ci augmentera de 4,1 % cette année, soit deux fois plus vite que l’inflation (2,1% selon l’Insee). 

 Les dépenses des étudiants vont être tirées par le haut par la flambée des prix du logement, avec une hausse des loyers de 8,9 % à Paris par rapport à l’an dernier. Mais selon Emmanuel Zemmour, président de l’Unef : «  la hausse des dépenses obligatoires décidée par le gouvernement est aussi en cause». Les frais d’inscription en licence augmenteront ainsi de 1,72%, ceux du master de 4,70% et ceux du doctorat de 3,60%. La cotisation de sécurité sociale évolue aussi à la hausse (+1,5%), tout comme le ticket restaurant (+5 centimes d’euros).

La hausse du salariat étudiant

Des augmentations qui mises bout à bout, risquent de pénaliser la scolarité des étudiants, selon le syndicat, d’autant que 73 % d’entre eux ne sont pas boursiers. « Si l’on regarde la situation sur le long terme, depuis 2006, les dépenses obligatoires ont augmenté de 33 %, contre 10 % pour les aides sociales. Savez-vous que les APL n’ont pas été revalorisées depuis 10 ans ?», interroge Emmanuel Zemmour.

Le syndicat s’inquiète aussi de la montée en flèche du salariat étudiant ces dernières années. « Il reste la première cause d’échec à la fac, or actuellement 68 % des étudiants sont salariés tous les mois de l’année. Et pour 84 % d’entre eux cette situation est subie », s’alarme Emmanuel Zemmour. Au final, selon l’Unef, la démocratisation de l’enseignement supérieur serait en recul ces dernières années. « La part des enfants d’ouvriers ou d’employés sur les bancs de la fac a reculé de 9 % par rapport à 2006 », souligne ainsi le président de l’Unef.

Le dixième mois de bourse complet toujours en suspens

Fort de ces constats,  l’Unef réclame à nouveau le versement du dixième mois de bourse complet, promis par Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse. Un sujet qui inquiète le syndicat, car début aout, le ministre de l’Economie, François Baroin, a affirmé qu’il refusait de se laisser aller à « une accumulation de chèques destinée à faire plaisir à telle ou telle catégorie de français ». Le syndicat revendique aussi un gel exceptionnel des dépenses obligatoires, une revalorisation de 20 % des APL, une rallonge de 160 € en septembre pour les boursiers échelon zéro…