Le don de RTT comme acte de solidarité

ENTREPRISE Un député UMP a déposé une proposition de loi visant à autoriser le don de jours de récupération ou de RTT entre collègues...

Delphine Bancaud

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Leur quotidien ressemble à un vrai parcours du combattant Après avoir éclusé leurs RTT et leurs jours de congé, les salariés ayant un enfant malade doivent souvent solliciter un congé de soutien familial, un congé pour enfant malade, un congé de présence parentale, généralement non rémunérés.

Pour les aider à ne pas être trop pénalisés financièrement par leur situation familiale, Paul Salen, député UMP, a déposé une proposition de loi cet été. Celle-ci vise à autoriser le don de jours de récupération ou de RTT d’un salarié à l’un de ses collègues dont l’enfant, âgé de moins de vingt ans, serait  atteint d’une maladie, d’un handicap ou victime d’un accident d’une particulière gravité rendant indispensable une présence soutenue.

Une démarche sur la base du volontariat

 Le dispositif prévoit donc que tout salarié puisse «sur sa demande et en accord avec son employeur, céder tout ou partie des droits affectés sur son compte épargne temps» à l’un de ses collègues.

Ce type de démarche a déjà été initié dans quelques entreprises, à l’instar de Mérial, une filiale de Sanofi. Paul Salen a pu en tester la pertinence en observant ce qui s’était passé dans l’entreprise Badoit. En 2009, ses salariés ont pu récolter 170 jours de RTT afin qu'un de leurs collègues puisse accompagner son enfant gravement malade, jusqu'à la fin de sa vie.

La proposition de loi pourrait être examinée par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée avant l’élection présidentielle. Déjà cosigné par 136 députés, le texte a de bonne chance d’aboutir, selon Paul Salen.