Euthanasie: Mobilisation sur Facebook pour le docteur Bonnemaison

POLEMIQUE L'affaire de ce médecin bayonnais mis en examen pour avoir pratiqué à cinq reprises l'euthanasie sur des patients en fin de vie fait largement réagir sur le réseau social, et au-delà...

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L'hôpital de Bayonne, où un médecin est suspecté d'euthanasie active, le 11 août 2011.
L'hôpital de Bayonne, où un médecin est suspecté d'euthanasie active, le 11 août 2011. — G. IROZ / AFP

Les internautes se mobilisent sur Facebook pour soutenir le médecin de Bayonne mis en examen vendredi pour «empoisonnement». Un groupe Facebook (977 membres) intitulé «Soutien à Nicolas Bonnemaison» et une page Facebook baptisée «Soutien à Nicolas Bonnemaison, urgentiste soupçonné d'euthanasie active» rassemblent des centaines d'internautes qui témoignent ou commentent.

Plus de 2.000 personnes «aiment» la page Facebook où nombre de commentaires évoquent des cas personnels de fin de vie. «Il faut avoir vécu le calvaire d'un proche pour comprendre...», écrit ainsi une femme tandis qu'une autre ajoute: «Soutien total, souvenir de ma mère, 87 ans, Alzheimer avancé qui ne voulait plus vivre.» «Je pense que l'euthanasie doit être exécutée de manière très exceptionnelle», dit encore un autre intervenant qui soutient cependant «cet urgentiste qui a abrégé les souffrances de ses patients».

Avoir la liberté d'avoir le choix

Les commentaires postés du côté du groupe «Soutien à Nicolas Bonnemaison» attestent de la virulence du débat: «Cessons l'hypocrisie! Avec ce slogan on a légalisé l'avortement (...) et pourquoi pas le viol», s'insurge un opposant à l'euthanasie. A quoi lui rétorque un pro-euthanasie: «Je peux concevoir que vous soyez contre l'avortement et l'euthanasie (...) mais moi je veux avoir la liberté d'y avoir droit. Tout le monde devrait pouvoir avoir le choix».

Relayé par le groupe, un texte intitulé «Le sourire de l’ange» rédigé par un journaliste du Monde, Franck Johannès, illustre la souffrance des proches en évoquant la détérioration inéluctable de son père atteint de Parkinson.

«Papa voulait mourir. Il avait essayé une fois. Même ça, ça lui a été refusé. Il ne pouvait plus parler, presque plus ouvrir les yeux, mais il entendait tout. Imaginez ce long cauchemar, ce que c’est que d’être emmuré dans son corps, dans un silence contraint, de ne plus pouvoir bouger les jambes, de ne plus pouvoir manger, ne plus arriver à aspirer un peu de jus d’orange avec une paille, puis d’avoir les mâchoires serrées à jamais, qui ne répondent plus, qui vous ferment définitivement tout contact avec l’extérieur», écrit-il notamment.

Référendum?

Sur le site alzheimer-parkinson.com, une intervenante se disant auxiliaire de vie, propose d'interroger les Français sur l'euthanasie par «referendum». Parallèlement, une pétition de soutien au Dr Bonnemaison adressée au ministère de la Santé et mise en ligne sur le site www.mesopinions.com dépassait dimanche 5.000 signatures.

Elle se réfère au serment d'Hippocrate et affirme que tout médecin ne doit pas «prolonger inutilement des souffrances à des personnes condamnées». «Refuser l'euthanasie aussi hypocritement, c'est ne pas respecter la vie», conclut-elle.