Euthanasie: Le médecin bayonnais mis en examen

JUSTICE Pour avoir pratiqué des injections de «substances ayant entraîné le décès immédiat» d'au moins quatre personnes âgées...

© 2011 AFP

— 

L'hôpital de Bayonne, où un médecin est suspecté d'euthanasie active, le 11 août 2011.
L'hôpital de Bayonne, où un médecin est suspecté d'euthanasie active, le 11 août 2011. — G. IROZ / AFP

Le médecin de l'hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) soupçonné d'euthanasie active sur des patients âgés a été mis en examen ce vendredi pour «empoisonnement sur personnes particulièrement vulnérables», a annoncé le parquet de la ville. Le procureur adjoint de Bayonne, Marc Mariée, a fait savoir au cours d'une conférence de presse qu'il avait remis le dossier à deux juges d'instruction «compte tenu de la complexité du dossier» et que le parquet avait demandé le placement sous mandat de dépôt du médecin. Mais il le médecin a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Cette demande devait être examinée dans l'après-midi par le juge des libertés et de la détention. Selon Marc Mariée, la justice reproche au médecin, Nicolas Bonnemaison, 50 ans, du services des urgences de l'hôpital de Bayonne, d'avoir pratiqué des injections de «substances ayant entraîné le décès immédiat» d'au moins quatre personnes âgées. La décision de mise en examen concerne au moins quatre décès survenus au cours des cinq derniers mois, le dernier étant celui d'une patiente de 92 ans, morte le 3 août.

Aucune des familles concernées n'a porté plainte

Le praticien encourt la prison à perpétuité. Selon le procureur-adjoint, Nicolas Bonnemaison a reconnu «avoir utilisé les produits mentionnés», dont le Norcuron, un médicament à base de curare pouvant entraîner la paralysie des muscles respiratoires. «Il s'agit d'actes d'une extrême gravité et totalement prohibés par la loi», a déclaré Marc Mariée. Aucune des familles concernées n'a porté plainte jusqu'à présent, a souligné celui-ci, précisant que Nicolas Bonnemaison avait rencontré certaines d'entre elles.

Il n'a pas pu dire si le praticien avait obtenu ou non leur consentement. «Même si il y avait eu accord des familles, cela n'aurait pas justifié les actes», a martelé Marc Mariée. Le vice-procureur a rappelé que la loi Leonetti sur l'euthanasie fixait «un cadre extrêmement strict et notamment deux conditions: celle du consentement de la personne ou de sa famille et celle de la collégialité» qui doit réunir les avis de plusieurs médecins. Les quatre décès suspects à l'hôpital de Bayonne «étaient certes âgés, certes en fin de vie, mais une fin de vie peut durer plusieurs heures ou plusieurs jours» et «rien, a conclu le magistrat, ne justifie le comportement de ce médecin tel que cela a été dénoncé».