Le tour du monde des «indignés»

MANIFESTATIONS Après les pays de la vieille Europe, Israël connait à son tour une vague de contestation...

Olivia Vignaud
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Des milliers d'«Indignés» défilent dans les rues de Madrid, la capitale espagnole, le 19 juin 2011.
Des milliers d'«Indignés» défilent dans les rues de Madrid, la capitale espagnole, le 19 juin 2011. — REUTERS/Andrea Comas

Beaucoup de points communs. Le mouvement des «indignés», initié mi-mai par les Espagnols, s’est propagés dans plusieurs pays. Les manifestants ont des motifs de mécontentement similaires (taux de chômage élevé, crise du logement liée notamment à la hausse des prix de l’immobilier, etc...) et n’hésitent pas à camper devant les endroits stratégiques des capitales pour mettre la pression à leurs gouvernements respectifs…

En Espagne 

Les Espagnols sont les initiateurs du mouvement. Réunis depuis le 15 mai sur la place de la Puerta del Sol à Madrid, ces «indignados» (indignés) manifestent contre le chômage et les mesures d’austérité mises en place par le gouvernement de José Luis Zapatero. «C’est un mouvement de type mai 68 mais sans les débordements», déclarait Jean Chalvidant, spécialiste de l’Espagne au MCC (département de recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines de l’Institut de criminologie/Université Paris II Panthéon-Assas), interrogé le 23 mai dernier par 20 Minutes.

En France

Le mouvement, qui a emboité le pas à celui de Madrid, se définit comme un soulèvement apolitique. Les revendications des indignés français sont réunis dans un manifeste appelé «Prends la rue. Yes we camp». Toutefois les manifestations, qui se sont articulées autour de la place de la Bastille, prennent moins d’ampleur, pour le moment, qu’en Espagne et en Grèce. Les commentateurs justifient ce constat par une situation économique proportionnément moins alarmante que celle de ses voisins. Pour le militant associatif, Yannick Commenge, «la présence policière assez impressionnante a stoppé une partie du mouvement mais il reprendra dès septembre».

En Grèce

Depuis fin mai, les Grecs se réunissent contre les mesures d’austérité imposées (hausse d’impôts, coupes sociales etc.) au pays après la récession dont il est victime. Le 6 mai, ils étaient près de 50.000 à manifester sur la place de Syntagma au centre d’Athènes. Les mouvements sont ici moins pacifiques que dans les autres pays. Lors des dernières manifestations, de nombreux affrontements ont eu lieu entre les jeunes et les forces de l’ordre.

En Belgique

En Belgique, les manifestations ont commencé fin mai. Les indignés, entre 400 et 650, se réunissent régulièrement pour protester, entre autres, contre le Pacte pour l’Euro Plus (lancé en 2011 à l’initiative de la France et de l’Allemagne par lequel les Etats membres s’engagent à mener des réformes politiques afin de préserver l’euro) et les réformes néo-libérales comme le relèvement de l’âge de départ à la retraite que la Commission européenne entend imposer aux Etats membres.

Au Portugal

Avec un taux de chômage de 28%, les Portugais n’ont pas hésité à suivre le mouvement espagnol. Révoltés contre «la dictature financière», des jeunes solidaires se sont régulièrement rassemblés sur la place du Rossio, en plein cœur de Lisbonne. Leur principal point de mécontentement: l’intervention du FMI et de l’Union Européenne dans l’économie portugaise après que ces derniers ont apporté une aide financière au pays.

En Israël

C’est la dernière contestation en date. Depuis fin juillet, la rue israélienne gronde. Les manifestants, majoritairement laïcs, réclament une  «justice sociale». Samedi soir, le mouvement a pris une ampleur inattendue. Près de 300.000 personnes étaient réunies à Tel-Aviv et dans d’autres villes, du jamais vu depuis la création de l’Etat d’Israël. Les contestataires, qui ne se revendiquent pas eux-mêmes «indignés», ont pourtant des revendications proches de celles des Européens. Ils réclament de nombreuses mesures: construction massive de logements pour offrir des locations à bas prix, hausse du salaire minimum, taxes sur les appartements inoccupés ou école gratuite à tout âge.