Autriche: Importante hausse des activités liées à l'extrême droite

Avec Reuters

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Les activités et incidents liés à l'extrémisme de droite ont augmenté de près d'un tiers l'an dernier en Autriche, a indiqué vendredi le ministère de l'Intérieur, ajoutant qu'un nombre croissant d'agitateurs solitaires s'étaient radicalisés «en ligne». Le ministère estime toutefois qu'il n'y a pas lieu de donner l'alarme dans ce tranquille pays alpin de 10 millions d'habitants malgré la hausse des incidents signalés à la police.

Le rapport ministériel ne mentionne pas l'attentat à la bombe et la tuerie perpétrés le mois dernier en Norvège par Anders Behring Breivik, qui a avoué en être l'auteur. Mais sa description des tendances de l'extrémisme de droite fait apparaître des similitudes avec la façon dont Breivik a tenté de diffuser en ligne ses convictions antimusulmanes. Selon le ministère, les extrémistes de droite semblent motivés en Autriche par le racisme, les frustrations individuelles, un ressentiment général et la volonté de «s'amuser». Environ 80% semblent agir sans affiliation à un groupe d'extrême droite organisé. Mais ils paraissent recourir de plus en plus à Facebook et à d'autres réseaux sociaux pour répandre leurs idées et entrer en contact avec des personnes partageant leur vision des choses, indique le rapport.

 «On observe de plus en plus d'agitateurs agissant seuls qui se radicalisent en ligne» souligne-t-il. L'an dernier, la police a consigné 1.040 incidents liés à l'extrême droite, contre 791 en 2009, soit 31% de plus, précise le document annuel du ministère. Un tiers environ constituaient des incidents sérieux tels qu'agressions, actes de vandalisme ou menaces. D'autres cas relevaient de l'incitation à la haine et d'activités néo-nazies. L'Autriche connaît un regain de popularité du Parti de la liberté (opposition d'extrême droite), dont les positions anti-immigration lui valent des ralliements dus aux frustrations provoquées par les plans de sauvetage de la zone euro.

Le Parti de la liberté se démarque des incidents extrémistes. En juillet, il a expulsé un de ses membres qui avait minimisé la gravité des attentats de Norvège. Le parti espère opérer un retour au gouvernement en 2013. Le rapport ministériel relativise la hausse des incidents liés à l'extrême droite en insistant sur la stabilité politique, économique et sociale de l'Autriche.