Les romans à l'eau de rose sont-ils mauvais pour la sexualité féminine?

PSYCHOLOGIE Trop d'orgasmes, pas assez de préservatifs... Ces lectures véhiculeraient une image erronée des rapports physiques...

Olivia Vignaud

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une jeune femme lit sur la plage en maillot de bain orange. illustration, livre.
une jeune femme lit sur la plage en maillot de bain orange. illustration, livre. — CRAIG CAMPBELL / MOOD BOARD / REX / SIPA

Si vous voulez avoir une sexualité épanouie mesdames, bannissez les romans à l’eau de rose. C’est en tout cas ce que recommande vivement un rapport publié dans le Journal of family planning and reproductive health care. Son auteure, la psychologue Susan Quilliam blâme la vision archaïque et irréaliste que véhiculeraient les fictions amoureuses. Elle affirme que ce genre littéraire montre exclusivement «des femmes sauvées par des héros qui s’abandonnent ensuite joyeusement à une relation à deux basée exclusivement sur des orgasmes interminables et à répétions. Le tout sans avoir de problème de grossesse.»

La spécialiste du couple n’hésite pas à enfoncer le clou. Pour elle, la plupart des gens qui viennent consulter sont plus informés sur la sexualité par les «Mills and Boon (Ndlr l’équivalent de nos Arlequins) que par le planning familial.» Or, ces livres feraient indirectement la promotion du sexe non consenti, des rapports non protégés et véhiculeraient des images embellies sur les relations en couple.

Un irréalisme source de complexes

Des messages qui inquiètent la psychologue: «Nous voulons que les femmes soient conscientes de leurs propres désirs plutôt que d'être ‘réveillées’. Notre objectif est de rassurer nos clientes sur le fait que leur première fois peut ne pas être tout à fait parfaite et que leurs chances d’atteindre l’orgasme grâce à la pénétration sont faibles. Leur rappeler également que cela n’a rien d’anormal…»

Susan Quilliam justifie son propos par des données chiffrées. Elle prend pour exemple une récente étude menée sur les écrits romantiques qui constate que 11,5% seulement des ouvrages analysés mentionnent le préservatif lorsqu’ils décrivent un coït.  Pour la psychologue, l’héroïne refuse souvent ce moyen de contraception car pour elle aucune «barrière» ne doit se dresser entre elle et l’homme de sa vie.

Tout n’est pas bon à jeter

L’éditeur de Mills and Boon se défend de ses attaques. Pour lui ce genre «est certes un moyen d’échapper à son train-train mais en aucun cas un ‘guide’ pour la vraie vie.» Et d’ajouter: «Nos lecteurs sont suffisamment intelligents pour faire la différence…»

La psychologue, elle-même, tempère son propos en précisant que «toutes les fictions amoureuses ne sont pas mauvaises» et que lues avec discernement, elles peuvent apporter quelques informations utiles sur les relations amoureuses aux adolescentes.