Montreuil: Un propriétaire lève un commando armé pour évacuer des squatteurs

FAIT DIVERS Un propriétaire a tenté de faire expulser des squatteurs en mobilisant une quinzaine d'hommes armés de barres de fer...

Elisa Bertholomey

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Capture d'écran de la vidéo
Capture d'écran de la vidéo — no credit

Comment faire lorsqu’on est propriétaire et que l’on veut déloger les personnes qui squattent le pavillon que l’on vient d’acquérir? Plutôt que d’attendre la décision de justice, Hafid Hafed, agent immobilier et nouveau propriétaire du 74 rue des Caillots à Montreuil (Seine-Saint-Denis) a recouru à la manière forte en faisant appel à une quinzaine d’hommes armés de barres de fer pour faire évacuer tout le monde.

Avant la vente de la maison, le squat était accepté par la municipalité et par l’ancien propriétaire. Le nouveau semble moins tolérant. Samedi dernier, les squatteurs avaient déjà reçu une première visite du nouveau propriétaire. Accompagné d’une dizaine de casseurs, il avait tenté de négocier, selon les dires de l’un des squatteurs. «Il faisait semblant de vouloir négocier ‘Je vous file des billets et vous partez’ ou ‘J’ai de quoi vous reloger ailleurs si vous voulez’», raconte ce militant, membre d’un collectif pour le droit au logement. Très vite, le propriétaire était passé aux méthodes violentes. Sous les yeux d’un couple et de leur enfant âgé d’un an, les casseurs détruisent une partie du mobilier, le compteur électrique, les arrivées d’eau.

Des interventions filmées

Le lendemain, rebelote, le propriétaire et sa bande reviennent à deux reprises. Après avoir insulté et menacé les squatteurs, ils recommencent à tout casser dans le pavillon. Cette fois, les «interventions» sont filmées par des riverains et ont lieu sous les yeux de plusieurs témoins, dont Bruno Saunier, ancien conseiller municipal de Montreuil. «Quatre véhicules sont arrivés en trombe», raconte-t-il sur son blog. «Des grands gaillards armés de gaz lacrymogènes, de barres de fer, de massues et de pieds de biche en sont sortis. Nous avons à peine eu le temps de réagir qu’ils se sont jetés sur les portes et les fenêtres pour tout casser. Pendant deux heures, ils ont mis la maison à sac. Ils étaient une petite quinzaine. Encagoulés pour la plupart, ils fracassaient les murs, les portes et le mobilier qui restait.» Alertée par des voisins, la police débarque une vingtaine de minutes plus tard. Mais, déplore Bruno Saunier, plutôt que d’empêcher le saccage, les forces de l’ordre mettent en place un cordon de sécurité séparant les squatteurs et le voisinage d’un côté, les casseurs de l’autre.

 

La maire de Montreuil, Dominique Voynet, s’est dite  «très choquée» par cet incident. Du côté des squatteurs, en résistance, certains ont décidé de rester sur place dans l’attente d’une procédure légale d’évacuation.