Affaire DSK: Pour David Koubbi, Nafissatou Diallo est «sincère»

JUSTICE David Koubbi, l'avocat de Tristane Banon, raconte à «France Soir» sa rencontre avec Nafissatou Diallo...

M.P.

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David Koubbi, l'avocat de Tristane Banon, lors de son arrivée chez le procureur, à New York, le 19 juillet 2011.
David Koubbi, l'avocat de Tristane Banon, lors de son arrivée chez le procureur, à New York, le 19 juillet 2011. — M.SEGAR/REUTERS

Il n’avait pas souhaité dévoiler le contenu de sa rencontre avec Nafissatou Diallo et Kenneth Thompson, son avocat new-yorkais. A France Soir, David Koubbi, l’avocat de Tristane Banon, a accepté de parler de la femme de chambre qui accuse DSK de viol, faisant un parallèle avec sa cliente. «Sans préjuger de rien, je crois avoir rencontré une personne sincère», explique l’avocat. D’après David Koubbi, Nafissatou Diallo est «effrayée par ce qui lui arrive» et s’exprime «dans un anglais suffisant pour être comprise».

L’avocat décrit une femme simple. «Lui prêter une quelconque participation à un «complot» est, selon moi, lui prêter des compétences qu’elle n’a pas», assure-t-il. Et d’ajouter, en faisant habilement le lien avec Tristane Banon: «Elle n’a pas été préparée à un tel «torrent de merde», pour citer Manuel Valls. Qui le serait d’ailleurs? Je vois mal comment elle peut se relever d’une telle épreuve. Cela vaut pour Tristane Banon également.»  Il assure que la femme de chambre lui a parlé de la jeune romancière française, pour lui dire qu’elle «disait vrai en s’appuyant sur ce qu’elle dit avoir elle-même vécu».

«Besoin de comprendre quel type d’homme est DSK»

David Koubbi précise également à France Soir «un point important, car il a été évoqué par la défense pour discréditer son témoignage»: «Nafissatou Diallo a un physique qui est le sien, elle n’est ni repoussante ni particulièrement imposante». Quant au dossier d’accusation du procureur Cyrus Vance, qui serait «vide» selon la défense de DSK, il répond: «Je me dis que ça fait beaucoup de gens qui travaillent sur un dossier vide».

David  Koubbi a également expliqué la démarche du procureur de New York, qui l’a convoqué dans son bureau il y a une dizaine de jours. «Ils ont besoin de comprendre quel type d’homme est DSK, ce dont il est capable», insiste-t-il, ajoutant que «sa volonté d’avoir accès aux éléments du dossier français devrait faire réfléchir ceux qui répètent qu’il est en train d’abandonner les poursuites». Il a répété qu’il ne collaborerait pas avec la justice américaine, «sauf si la justice française me le demande».

Ses confrères, les «cafards» 

Venant enfin à son dossier, celui de Tristane Banon, il justifie sa plainte tardive. «Ces situations sont particulièrement difficiles pour les victimes. Si on veut résoudre ces cas avec des lieux communs et des avis tranchés, raccourcissons la prescription de dix ans et ramenons-la à huit jours!» s’agace-t-il. «Collectivement, nous ne l’avons pas entendue», insiste-t-il.

Quant aux critiques de François Hollande, qui estime que son audition relève d’une «opération politique», David Koubbi répond: «Je comprends l’embarras de certains leaders socialistes qui ont apporté leur soutien à Dominique Strauss-Kahn, mais mon but est judiciaire, pas politique». Interrogé enfin sur les commentaires l’accusant de chercher la publicité dans cette affaire, il lance: «S’agissant de mes ‘courageux’ confrères qui estiment, sans donner leur nom, que ma stratégie dans ce dossier est osée ou dangereuse, ce sont des cafards, mais ils ont raison, ma stratégie sera osée s'il le faut puisqu’elle a pour objectif de défendre une cliente dont la parole ne fait, pour moi, pas l’ombre d’un doute.»