Roms : «Il y a toujours autant» de personnes et de campements

POPULATION Déplore le collectif Romeurope...

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Les membres de deux familles de Roms dont les caravanes ont été évacuées d'un champ qu'ils occupaient, près de Nantes, le 25 mars 2011.
Les membres de deux familles de Roms dont les caravanes ont été évacuées d'un champ qu'ils occupaient, près de Nantes, le 25 mars 2011. — F.PERRY / AFP

Un an après le discours de Grenoble du président Nicolas Sarkozy demandant une accélération des reconduites de Roms, «il y a toujours autant» de personnes et de campements, a observé jeudi le collectif Romeurope dénonçant une politique «inefficace, inhumaine et indigne».

«Sur le terrain, rien n'a changé»

«Sur le terrain, rien n'a changé : on peut donc s'interroger sur les motivations du président de la République», a déploré Laurent El Ghozi accusant le chef de l'Etat de «stigmatiser» des populations «sur une base ethno-raciale» pour ensuite mettre en place «des lois qui restreignent les libertés de tout un chacun».

La loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2) votée début février à l'initiative du gouvernement afin de renforcer l'arsenal répressif contre la délinquance et la criminalité «a été faite contre les Roms et les gens du voyage», a estimé M. El Ghozi.

«Amalgame abusif»

En désignant dans un même discours les Roms, des «migrants», et les Gens du voyage des «Français soumis à un régime particulier», M. Sarkozy «a introduit un amalgame abusif qui n'est pas le fait de l'ignorance mais d'une volonté de stigmatiser sur une base ethno-raciale une population qu'il faut expulser, exclure de la société française.

Le 28 juillet 2010, après des violences de la Cher, le chef de l'Etat a tenu à l'Elysée une réunion sur les «problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms», après les violences survenues à Saint-Aignan (Loir-et-Cher).

Objectif de 300 campements démantelés en trois mois

Deux jours après, dans un discours musclé sur la sécurité il avait demandé au ministre de l'Intérieur de «mettre un terme aux implantations sauvages de campements de Roms» jugés comme «des zones de non-droit qu'on ne peut pas tolérer en France». Il avait fixé un objectif de 300 campements démantelés en trois mois.

Le discours avait trouvé sa traduction juridique dans une circulaire de Beauvau qui avait provoqué la colère de Bruxelles, puisqu'elle ciblait expressément une communauté ethnique, dont les membres devaient être expulsés après le destruction de leurs camps. La circulaire a finalement été remplacée.