Samu social: La démission de Xavier Emmanuelli est «un cri d'alarme», selon le président d'Emmaüs

SOCIAL Un «cri d'alarme» qui serait «parfaitement justifié», pour Christophe Deltombe...

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Le Samu social effectue des maraudes de jour, comme ici à Paris, en décembre 2008.
Le Samu social effectue des maraudes de jour, comme ici à Paris, en décembre 2008. — CHAMUSSY / SIPA

Le président d'Emmaüs n'a pas mâché ses mots. La démission de Xavier Emmanuelli de la présidence du Samu social pour protester contre la baisse des crédits alloués au logement d'urgence est «un cri d'alarme parfaitement justifié», a estimé ce mercredi sur Europe 1 le président d'Emmaüs France, Christophe Deltombe.

«Il y a manifestement une forme de désengagement des pouvoirs publics et de l'Etat dans le domaine très particulier qui est l'accueil d'urgence (...), alors qu'il y a 100.000 personnes à la rue», a précisé Christophe Deltombe. «Aujourd'hui, il y a des familles dans la rue, des enfants dans la rue (...) les associations ne sont plus capables de donner un toit aux gens qui en ont besoin», a-t-il ajouté refusant «d'opposer le logement et l'accueil d'urgence».

«L'Etat ne veut pas mettre plus d'argent»

Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a déclaré à l'AFP que le gouvernement défend «une nouvelle stratégie», basée sur le principe du «logement d'abord», et «qui n'est pas forcément totalement partagée par Xavier Emmanuelli», qui est dans une logique «de l'aide d'urgence». Pour le président d'Emmaüs, Benoist Apparu «oublie complètement une chose qui est très importante, c'est qu'une personne qui a vécu à la rue pendant longtemps est désocialisée et a besoin d'un accompagnement» et qu'elle ne pouvait pas passer directement de la rue à un logement normal.

L'accompagnement «est un mot essentiel, c'est un sas», a-t-il ajouté. «Nous avons des réunions régulières avec M. Apparu et la dernière a été un clash, il nous a dit que l'Etat ne veut pas mettre plus d'argent.»