Société

Qualifier un vin de «merde» n'est pas condamnable, estime la CEDH

Qualifier un vin de «merde» dans les colonnes d'un journal relève de la liberté d'expression et non des tribunaux, a estimé ce mardi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Les juges de Strasbourg ont ainsi rendu justice à Péter Uj, un journaliste hongrois condamné par un tribunal de Budapest pour avoir dénoncé, en ces termes crus, la production d'une entreprise viti-vinicole d'Etat.

Un breuvage «aigre, éventé, oxydé»

Si l'objet de l'article, un vin réputé, n'était pas nommé, on reconnaissait toutefois aisément le Tokay qui fait la fierté des magyars. Le journaliste avait dénoncé dans un quotidien national un breuvage «aigre, éventé, oxydé», une «humiliation» pour ses concitoyens condamnés à le payer «deux fois», en raison du statut public de l'entreprise.

L'atteinte à la réputation commerciale d'une société «n'a pas de dimension morale», souligne la juridiction du Conseil de l'Europe pour qui une condamnation, même à une simple réprimande - la peine infligée au requérant -, n'était pas justifiée.

Le journaliste a selon elle exprimé «une opinion» qui cherchait moins à dénigrer le breuvage qu'à «attirer l'attention sur les inconvénients des entreprises d'Etat». La Cour reconnaît toutefois qu'il l'a fait de manière «quelque peu excessive ou provocante».