Compiègne: Woerth va poursuivre le «Canard enchaîné» et le «Courrier picard»

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L'ancien ministre du Budget Eric Woerth a annoncé vendredi par le biais de son avocat qu'il allait engager des poursuites à l'encontre du Canard enchaîné et du Courrier picard, après des articles le mettant en cause dans l'affaire de la vente de l'hippodrome de Compiègne.

Eric Woerth va «engager toute procédure utile à l'encontre du Canard enchaîné et du Courrier picard qui ont récemment prétendu qu'il avait, au nom de l'Etat, vendu les terrains de l'hippodrome de Compiègne pour un prix préférentiel et sous-évalué», a indiqué Me Jean-Yves Le Borgne dans un communiqué.

Contacté par l'AFP, l'avocat a précisé qu'il saisirait «en début de semaine prochaine» le Garde des Sceaux, Michel Mercier, afin qu'il engage des poursuites pour diffamation contre les deux journaux. «C'est la procédure à suivre, puisque c'est en tant que ministre que M. Woerth a vendu l'hippodrome», a-t-il expliqué.

Dans son édition datée du 6 juillet, le Canard enchaîné, citant des documents saisis lors d'une perquisition au ministère de l'Economie et des Finances, affirmait que Eric  Woerth avait été alerté à plusieurs reprises sur les problèmes juridiques posés par la vente de l'hippodrome de Compiègne.

Selon l'hebdomadaire satirique et le Courrier picard du 13 juillet, l'ancien ministre du Budget disposait par ailleurs d'estimations bien supérieures au prix auquel le terrain a finalement été cédé.

L'ancien ministre «s'insurge vivement contre ces allégations et rappelle que le prix de vente a été librement fixé par l'Administration selon ses méthodes habituelles», assure Me Le Borgne dans son communiqué. Il n'a «jamais connu d'autre évaluation que celle de l'Administration», ajoute-t-il.

Eric Woerth est soupçonné d'avoir «bradé» en mars 2010 pour 2,5 millions d'euros une parcelle de 57 hectares de la forêt de Compiègne, à la Société des courses de Compiègne. La cession de ces terrains, qui comprennent un golf et un hippodrome, a été effectuée de gré à gré en mars 2010.

La Cour de justice de la République (CJR) a ouvert en janvier une enquête pour «prise illégale d'intérêt» dans cette affaire, afin de déterminer les conditions dans lesquelles s'est effectuée cette vente controversée. L'ancien ministre a été entendu le 4 mai par la CJR.