Tristane Banon: «J'ai cru pendant huit ans qu'en ne portant pas plainte, on pouvait oublier»

ENQUÊTE a romancière était l'invitée du JT de France 2...

M.P.

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Tristane Banon pose à  l'occasion du Salon du Livre et de la promotion de son livre Trapeziste, à Paris, le 23 mars 2007.
Tristane Banon pose à l'occasion du Salon du Livre et de la promotion de son livre Trapeziste, à Paris, le 23 mars 2007. — LYDIE/Sipa

En duplex du JT de France 2, Tristane Banon s’est expliquée sur la plainte visant Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol. Interrogée par David Pujadas sur sa plainte tardive, elle a répondu: «C’était difficilement possible avant. J’ai cru pendant huit ans qu’en ne portant pas plainte, en écoutant les conseils de ma mère, de journalistes, on pouvait oublier. En fait, ce n’est pas possible. On ne s’en rend compte qu’avec le temps», a-t-elle expliqué.

>> La plainte de Tristane Banon en dix points

«Le seul moyen de mettre un point final à tout ça, c’est de porter plainte», a ajouté la jeune femme, qui dit  avoir été agressée par DSK dans l’appartement qui appartenait à un ami du député du Val d’Oise en 2003.

La deuxième épouse de DSK auditionnée?

Elle a précisé qu’évidemment l’affaire du Sofitel avait joué un rôle dans sa démarche judiciaire. «C’est l’affaire du Sofitel qui fait que le problème s’est reposé, sans que je ne demande rien. Le 15 mai, c’est la presse mondiale qui me tombe dessus», assure-t-elle. Et c’est aussi la présence d’un avocat, Me Koubbi, qui l’a décidée. Un avocat «qui irait jusqu’au bout avec moi, quitte à ce qu’on sorte laminés de cette histoire, ce qui est possible». Elle a également mis en cause DSK, qui selon elle, «a des problèmes de mémoire me concernant». «Il assure qu’il m’a vue la première fois en 2003. Il m’a vue avant, j’ai des éléments matériels pour le prouver», a-t-elle assuré.

A ceux qui disent qu’elle est manipulée par l’UMP, en raison de sa mission pour la mairie UMP de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), Tristane Banon répond: «C’est un poste bénévole, j’ai été nommée à l’unanimité. Je me contente de faire des rapports.» Et d’insister: «Il n’y a pas à chercher de manipulation.» Enfin, à ceux qui l’accusent de rechercher de la publicité avec cette affaire, la romancière de 32 ans rétorque que ce serait «très cher payé». Expliquant qu’elle est traquée par les médias, qu’elle doit se réfugier chez des amis, elle ajoute: «Je leur demande de vivre ma vie depuis le 15 mai.» «Je sais que court le bruit que je suis une déséquilibrée, je m’y attendais. Mais ce n’est pas à force de répéter des mensonges» que cela devient «des vérités», s’est-elle défendu.

Sa mère, Anne Mansouret, une élue socialiste de l’Eure, a été entendue ce mercredi par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDT). Elle est notamment revenue, selon Marianne2.fr, sur les soupçons de manipulations qui visent sa fille, la demi-sœur de Tristane Banon étant l’ex-femme du secrétaire d’Etat UMP Pierre Lellouche. Quant à son demi-frère, il a été son assistant parlementaire. «Ma fille n’a jamais vu son père et ne connaît pas cette partie de la famille», assure Anne Mansouret.

Après avoir auditionné Tristane Banon et sa mère, Anne Mansouret, les policiers veulent désormais entendre la seconde épouse de DSK, Brigitte Guillemette, révèle le site Internet. Cette femme est en effet également la marraine de Tristane Banon.