Fraude au BTS: «J'ai dû prendre une matinée de congé pour venir passer l'examen»

ÉDUCATION ui a été organisé pour la troisième fois...

Céline Masfrand

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Deux étudiants s'ennuient en classe.
Deux étudiants s'ennuient en classe. — PureStock/SIPA

La troisième session est finalement la bonne. Les étudiants de BTS qui n'avaient pas pu assister au rattrapage de l’épreuve de gestion, le 26 juin dernier, ont repassé l’épreuve ce lundi matin et sont maintenant libres. Contrairement à la première session, qui avait été annulée car considérée comme «massivement fraudée» par les correcteurs, et à la deuxième, dont l’accès avait été bloqué par certains candidats mécontents des conditions de passage, la troisième session, elle, s’est déroulée sans embûches: «Les conditions de passage d’examen étaient beaucoup plus appropriées. Il y avait moins de bruit, moins d’aller-retour aux toilettes, moins de monde dans les salles. Nous étions aptes à composer correctement», raconte Hannah Darras, étudiante en BTS.

«J’ai dû passer deux fois une épreuve de 5 heures(…)»

Même si les candidats s’estiment «déjà heureux de ne pas avoir eu zéro», compte tenu de la première décision prise par le ministère de l’Enseignement Supérieur de mettre zéro à tous les candidats qui n’avaient pas pu assister à la deuxième session, ils ne semblent pas pour autant ravis du dénouement de l’affaire:

«J’ai dû passer deux fois une épreuve de 5 heures, prendre une journée de congé pour pouvoir assister à l’examen, alors non, je ne peux pas dire que je suis contente», se plaint la jeune femme. Néanmoins, cette troisième session n’a pas apporté que des désagréments : «L’examen m’a semblé beaucoup plus simple que le précédent», précise la jeune femme contente d’être «enfin libéré».

Mais tous n’ont pas retiré que bénéfice de l’organisation de cette troisième session : «Beaucoup de candidats étaient déjà partis à l’étranger avant de savoir qu’ils devaient repasser l’examen. L’un des garçons de ma classe est en Chine, du coup il n’a pas pu faire l’aller-retour pour passer l’examen», poursuit-elle, désolée. «On a décidé de construire notre à venir à défaut de vaincre votre incompétence».

«On a décidé de construire notre avenir à défaut de vaincre votre incompétence »

D’ailleurs, ils étaient plusieurs ce matin à critiquer l’organisation du centre de la Maison des examens (SIEC). «Certains d’entre nous sont venus avec des tee-shirts comportant des inscriptions critiquant l’organisation bancale des examens», raconte la jeune femme, qui s’attriste que «tous ne se soient pas engagés». Au recto du tee-shirt, emblème de leur colère «SIEC= système inégalitaire d’une éducation corrompue». Au verso : «On a décidé de construire notre avenir à défaut de vaincre votre incompétence », décrit l’étudiante.

«Même si d’un côté c’est un soulagement, de l’autre j’espère vraiment que les prochaines épreuves seront mieux encadrées. Je ne considère en rien comme une chance qu’ils nous aient laissé repasser l’examen», confie un étudiant, étudiant en BTS, qui faisait partie du mouvement de blocage des entrées de la salle d’examen lors de la deuxième session.

Au final, à la deuxième session, seuls 1.115 des candidats sur les 2.500 convoqués avaient pu passer l’épreuve de rattrapage, bloqués par certains de leurs camarades. Cette fois, ils étaient 920 candidats à passer la troisième et dernière session de cet examen de gestion, qu'ils n'oublieront pas de si tôt.