Le meurtrier de sa fille libéré, une mère avertit les riverains

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La mère d'une jeune femme tuée en 2003 par son compagnon a placardé à Lille dans le quartier de Fives quelque 200 affichettes avertissant les riverains du retour du meurtrier de sa fille, qui a bénéficié récemment d'une libération conditionnelle, a-t-on appris ce samedi auprès de l'intéressée.

Cet homme d'une quarantaine d'années est revenu habiter dans le quartier de Fives, non loin du Vieux-Lille où elle réside, a déclaré à l'AFP Annick de Muer, confirmant des informations de la presse régionale. «Il n'y a même pas eu de mesure d'éloignement, on peut se rencontrer à tout moment», a-t-elle dénoncé. «Je veux que les gens soient au courant qu'ils vivent à côté d'un assassin», a-t-elle expliqué.

Libération conditionnelle contre l'avis du parquet

Sa fille de 21 ans a été tuée dans la nuit du 17 au 18 avril 2003 de 27 coups de couteau. L'ancien compagnon de celle-ci a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle par les assises du Nord fin mars 2006. «Il a pris 15 ans, il a fait 8 ans, moi j'ai pris perpet', ma fille ne reviendra pas», a-t-elle ajouté, disant avoir réfléchi aux conséquences si le meurtrier de sa fille porte plainte.

Cet homme a obtenu une libération conditionnelle contre l'avis du parquet, qui a fait appel, et est sorti de prison le 5 juillet, a indiqué à l'AFP le procureur de Lille Frédéric Fèvre. Le tribunal d'application des peines lui a imposé «des mesures de contrôle très strictes», lui interdisant notamment de rencontrer la mère de la victime, de se rendre dans les quartiers où elle réside et travaille.

«Persuadée» qu'il reste dangereux

Selon Mme de Muer, une expertise psychiatrique réalisée il y a quelques mois le décrivait comme dangereux et pouvant récidiver, une autre réalisée plus tard par la même psychiatre disait l'inverse. «Quelques mois plus tard, c'est un agneau», a-t-elle relevé. Selon une source proche du dossier, une expertise neurologique a établi qu'il ne présente «plus de dangerosité», car il souffre d'une pathologie qui lui enlève toute initiative, à la suite d'une tentative de suicide par pendaison en détention.

«Pourquoi ce monsieur n'est pas en maison psychiatrique ou médicalisée, pourquoi on le laisse sortir?», s'est interrogée Mme de Muer, se disant «persuadée» qu'il reste dangereux.