Les époux Lavier jugés pour violences sur mineurs ce jeudi

JUSTICE En début d'année, deux de leurs cinq enfants avaient fugué et avaient été placés chez une assistante maternelle...

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 Ouverture du procès des époux Lavier à Boulogne-sur-mer, le 7 juillet 2011.
Ouverture du procès des époux Lavier à Boulogne-sur-mer, le 7 juillet 2011. — Mikael LIBERT

Franck et Sandrine Lavier, acquittés dans l'affaire d'Outreau, de nouveau face à la justice: ils comparaissent ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer pour «violences habituelles sur mineurs» et «corruption de mineurs». Mais l'avocat va demander le renvoi du procès et une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) doit être soulevée par la défense. 

Ce procès, les époux Lavier l'attendent pourtant «avec impatience», pour «que l'histoire soit bouclée», explique Franck Lavier à l'AFP. «Ça va réveiller les souvenirs, de Saint-Omer, de Paris, de Boulogne, le juge (Fabrice Burgaud ndlr)...», déplore-il. «C'est notre passé qui est là», dans ce tribunal où on a «été interrogé, rabaissé, souillé, accusé des pires choses», souligne Franck Lavier, 33 ans contre 34 à son épouse.

Maltraitances sans caractère sexuel

En début d'année, deux de leurs cinq enfants avaient fugué et avaient été placés chez une assistante maternelle qui s'était déjà occupée de certains mineurs placés dans l'affaire d'Outreau. Le garçon et la fille de 10 et 11 ans, enfants de Sandrine Lavier, avaient dénoncé des maltraitances sans caractère sexuel.

Selon l'accusation, constatations d'un médecin légiste à l'appui, ces enfants étaient obligés de rester pendant des heures à genoux sur un balai en guise de punition. Les bouts des doigts de la fillette portaient des traces de coups portés avec des lattes de sommier.

Pour l'avocat de Sandrine Lavier, Philippe Lescène, les Lavier ne sont «absolument pas des parents maltraitants», mais «il y a un moment, ils sont dépassés, ils ne savent plus comment faire».

Une vidéo en cause

Pendant la garde à vue du couple, les enquêteurs avaient mis la main sur une vidéo datant de mars 2009, prise lors d'une fête arrosée pour leur dixième anniversaire de mariage. Les images mettent en scène des adultes plus ou moins dénudés qui «simulaient des actes sexuels en présence d'enfants», avait expliqué le procureur de Boulogne Jean-Philippe Joubert. Des extraits de ce film doivent être diffusés à l'audience. Quatre proches du couple, présents à cette fête, sont également poursuivis devant le tribunal.

Philippe Lescène évoque quant à lui des gestes et des propos «grivois», mais «pas de corruption de mineurs». «Si c'était Mme X et M. Y, on n'en parlerait pas du tout, et il n'y aurait pas de procédure», poursuit l'avocat, estimant que le parquet aurait pu choisir d'autres mesures que des poursuites pénales.

«Parce qu'on s'appelle les Lavier, ça prend une ampleur phénoménale»

«Ce sont des gens tout à fait dignes, qui en ont bavé comme c'est pas possible, et ils n'ont pas le droit à la moindre erreur», juge Philippe Lescène. «Les revanchards» de l'affaire d'Outreau, «doivent se frotter les mains», estime-t-il en allusion à ceux qui mettent en doute l'innocence des acquittés, notamment autour du livre de Chérif Delay, l'une des victimes.

«Parce qu'on s'appelle les Lavier, ça prend une ampleur phénoménale», estime Franck Lavier. Les avocats de la défense doivent soulever la nullité de la première garde à vue du couple, qui s'est déroulée en mars dernier sans la présence d'un avocat telle que prévue par la nouvelle loi.

Les six prévenus encourent jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende. Après trois ans de détention provisoire, Franck et Sandrine Lavier avaient été condamnés en juillet 2004 par la cour d'assises du Pas-de-Calais à respectivement six ans de prison pour viol et agressions sexuelles et trois ans pour corruption de mineurs. Tous deux avaient été acquittés en appel en décembre 2005.