Le Parlement français change le mode de distribution de la presse

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Le Parlement français s'apprêtait mardi soir à modifier le système de distribution de la presse en adoptant définitivement une proposition de loi du sénateur UMP Jacques Legendre.

Les députés devaient adopter dans la nuit cette proposition de loi relative à la régulation du système de distribution de la presse, vivement critiquée par le syndicat du livre SGLCE-CGT et l'autre branche du syndicat du secteur, la Filpac-CGT.

Ces deux syndicats sont à l'origine du mouvement de grève et des perturbations de ces derniers jours, qui ont empêché la distribution et l'impression des quotidiens nationaux lundi et mardi.

Les syndicats critiquent une disposition du texte qui autorise les éditeurs de presse à ne plus recourir «exclusivement» à une messagerie de presse pour sa distribution.

Gronde des messageries

Deux opérateurs de messagerie se partagent aujourd'hui le marché de la distribution de la presse dans l'Hexagone: Presstalis (ex-NMPP) qui détient environ 75% du marché et les Messageries Lyonnaises de Presse (MLP).

Les députés devaient adopter le texte tel qu'il a été voté le 5 mai par les sénateurs. La proposition de loi, qui modifie la loi Bichet de 1947 sur la distribution de la presse et qui reprend plusieurs conclusions des états généraux de la presse réunis en janvier 2009, sera alors définitivement adopté.

Les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) sont favorables à cette réforme. Les socialistes, eux, ont opté pour l'abstention. «Nous allons nous abstenir mais c'est une abstention positive», a dit Marcel Rogemont, élu PS d'Ille-et-Vilaine.

Les communistes et apparentés, tant au Sénat qu'à l'Assemblée, sont totalement opposés à ce texte.

Recherche d'une régulation

«L'heure est grave car à coups de canif dans la loi Bichet, c'est vers un libéralisme mortifère que l'on se dirige», a déclaré la députée communiste Marie-George Buffet.

Le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, a apporté son «plein soutien» à ce texte.

«A travers une régulation plus efficace de la vente au numéro, nous parviendrons à poser les bases d'une adaptation de la chaîne de distribution aux nouveaux enjeux de l'économie numérique et de l'information en temps réel», a-t-il dit.

Selon des chiffres présentés par le ministre, les ventes au numéro de la presse quotidienne ont reculé de plus de 8% en 2010 et de 5,3% en 2009 et le réseau des points de vente a enregistré un solde négatif de 455 points en 2010.

Le texte prévoit aussi la création d'un Conseil supérieur des messageries de presse composé de vingt membres et d'une Autorité de régulation de la distribution de la presse, une autorité administrative indépendante composée de trois membres.