Bac: La mention, le vrai sésame des candidats?

ÉDUCATION our beaucoup de lycéens, l'obtention du bac n'est pas le seul enjeu, et décrocher une mention n'est pas facultatif...

Céline Masfrand

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Des lycéens, du lycée Fustel de Coulanges, à Strabourg, découvrent les résulats du bac 2011.
Des lycéens, du lycée Fustel de Coulanges, à Strabourg, découvrent les résulats du bac 2011. — GILLES VARELA / 20 MINUTES

Sur le tableau d’affichage qui a fait battre les cœurs des 654.548 lycéens ce mardi matin, il y a deux colonnes. L’une indique aux candidats s’ils sont admis ou ajournés. Et l’autre, celle des mentions. Alors que les parents de bon nombre de lycéens étaient déjà ravis d’obtenir «à leur époque» le «bachot» avec un 10 pointé, les enjeux de nos lycéens actuels vont plus loin, et la mention semble désormais faire partie de la panoplie du super-bachot.

 «C’est un plus sur le papier, mais concrètement, ça ne sert pas à grand-chose»

La mention, qui vient s’apposer sur le sacro-saint premier diplôme français, semble depuis quelques années avoir repris du galon. Elles viendraient en effet redorer le blason du bac, objet de dévalorisations et de maintes remises en cause.

Bien que ce diplôme reste un passage obligatoire pour pouvoir accéder aux études supérieures, il n’est cependant pas à lui seul la clé de l’accès à toutes les formations. Certains, comme Louis, tout juste bachelier en sciences et techniques de gestion sont quand même «super-heureux de l’avoir dans la poche, même tout court» et voient la mention comme un bonus mais pas une finalité. «Pour moi, c’est un plus sur le papier, mais concrètement ça ne sert pas à grand-chose», termine le jeune diplômé.

 Un bonus d’accès ?

Mais à quoi servent du coup les mentions? Pour certains, c’est le mot de passe pour accéder aux grandes écoles. Même si pour la plupart des formations post-bac la mention ne pèse pas dans la balance, comme les filières les plus dorées ou les plus convoitées, elle peut encore faire la différence.

Pour accéder à Science po par exemple, les bacheliers qui ont décroché une mention «Très bien» sont dispensés de concours, même si leur cas est quand même étudié par un jury.  Certaines classes préparatoires de type maths sup math spé ou hypokhâgne prêtent attention au «couronnement mention» dans leur sélection, même si les dossiers et présélections sont déjà faits bien avant que tombent les résultats du bac.

 «La mention, c’est plutôt une fierté personnelle»

Mais la mention semble surtout flatter l'amour-propre des bacheliers qui l’obtiennent . «La mention, pour moi, c’est plutôt une fierté personnelle, un truc en plus, mais ça ne va pas me servir plus que ça. Je vais en université l’an prochain, je suis déjà super-content d’avoir mon bac, car avec l’épisode du sujet de maths fraudé, ça a mis le doute sur pas mal de choses», confie Edouard Loup Duriez, qui vient de décrocher son bac mention «assez bien» à Lille. «Une mention sur le CV, c’est sur que ça le fait!», assure Sidonie, fraîchement diplômée d’un bac littéraire mention «bien».

Mais au final, les recruteurs, eux, y prêtent-ils vraiment attention? Pour Anne Louvieaux, responsable des ressources humaines dans une compagnie d’assurance, la mention au bac reste secondaire. «Le bac est un passage obligatoire, mais ce qui intéresse les recruteurs, c’est ce qu’il y a au-delà.  Passée la première sélection, on s’attarde parfois plus aux détails du CV et la mention peut parfois faire la différence, même si cela reste très léger. Le bac est une porte d’entrée, mais ce que regardent les recruteurs, c’est bel et bien la porte de sortie.»

 En 2010, un bachelier sur deux obtenait une mention

En 2010, près d’un bachelier sur deux, toutes filières confondues, avait réussi à obtenir le Graal de la mention, avec une moyenne de 12/20, au minimum. Dans les années 1980, à peine 20% des bacheliers avaient décroché une mention. A voir si cette progression traduit une hausse du niveau des étudiants et le succès du système éducatif français, comme le prône le ministère de l’Éducation nationale, ou si, au contraire, elle traduit la baisse de niveau de son obtention.