Fils tétraplégique: La lettre posthume d'une mère à Nicolas Sarkozy

SOCIÉTÉ Président a reçu le courrier et a saisi le préfet de Seine Maritime pour qu'il prenne en charge le dossier...

C. F.

— 

«Monsieur le Président, je vous en supplie, prenez soin d’Eddy comme si c’était votre fils.» C’est sur cette phrase que s’achève la lettre de Michèle de Somer, mère d’un jeune homme tétraplégique depuis 2001 après un accident de la route. Cette lettre, elle l’a dictée à ses enfants sur son lit de mort. Car Michèle Somer est décédée vendredi dernier d’un cancer du poumon. RTL la publie en intégralité ce mardi sur son site.

Le Président a reçu le courrier et a saisi le préfet de Seine Maritime pour qu'il prenne en charge le dossier, a indiqué l'Elysée à l'AFP.

Voisin de Vincent Humbert

«Quand vous lirez cette lettre, je serai morte», indique-t-elle à l’adresse de Nicolas Sarkozy. Et de rappeler à l’actuel chef de l’Etat qu’elle lui avait déjà écrit en 2007 pour lui demander le droit de mourir pour son fils Eddy. Tout comme elle l’avait demandé à Jacques Chirac.  

Eddy avait 23 ans lorsqu’il a eu un accident de scooter sur une route de l'Eure en août 2001, précise RTL. Voisin de chambre de Vincent Humbert à l’hôpital de Berck, il a été contraint de revenir au domicile de ses parents. Sa mère a alors quitté son travail pour s'occuper de lui 24h sur 24.

«Geste d’amour»

Dans sa lettre, Michèle de Somer évoque le «geste d’amour» de Marie Humbert pour son fils, qu’elle aussi a souhaité accomplir à plusieurs reprises «parce qu’il me le demandait (…) et surtout parce qu’il voulait que je tienne une promesse que son père lui avait faite.»

Selon elle, la médiatisation de l’affaire Humbert et de son propre cas n’ont pas suffi à faire évoluer le débat sur la situation des personnes tétraplégiques. Si elle ne renouvelle pas sa demande du droit à mourir pour son fils, elle demande au président de la République de s'occuper de son fils et de lui trouver un centre adapté. Car depuis trois semaines, Eddy est dans une maison de retraite.