La gestion de Guérini passée au crible par les socialistes

Matthieu Goar et Maïram GuisSé, à Marseille

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Jean-Noël Guérini.
Jean-Noël Guérini. — LEFLOCH / SIPA

Attention, sujet épineux ! Après des mois de travaux, la commission d'enquête interne présidée par Alain Richard va remettre au bureau national du PS son rapport sur les pratiques de la fédération des Bouches-du-Rhône. Les dirigeants devraient en débattre aujourd'hui. Par deux fois, les instances du PS ont reporté ce débat. Histoire de cacher la poussière sous le tapis ? « Parce qu'il y a eu une autre actualité », s'est défendu Benoît Hamon, le porte-parole du PS. Un avis pas forcément partagé. « Cela donne quand même l'impression que Martine Aubry a préféré refiler le bébé à son successeur », critique un connaisseur du dossier. Mi-juin, l'ancienne première secrétaire aujourd'hui candidate avait pourtant reçu Alain Richard pour prendre connaissance de la teneur du rapport. Mise en place après qu'un rapport d'Arnaud Montebourg a dénoncé le « système de pression féodal », la commission s'étonne de certaines pratiques. Par exemple, le nombre surévalué de militants dans certaines sections, dont certaines n'ont aucune réalité géographique. « Nous avons remis un dossier de 37 pages, bien argumenté, explique Pierre Orsatelli, porte-parole du collectif Renouveau PS 13, l'un des 74 élus, secrétaires de section et militants auditionnés début mai par les membres de la commission. Nous avons parlé des élections totalement détournées. »

Une rénovation forcée
Des attaques directement menées contre Jean-Noël Guérini, président du conseil général et président de la fédération dont le frère est mis en examen pour abus de biens sociaux. « Le texte de Montebourg ne repose sur rien. Le PS est transparent. J'espère que la commission reconnaîtra que la fédération est pleinement démocratique », se défend Samy Sidani, militant PS depuis cinq ans. Plutôt qu'une mise sous tutelle, le bureau national pourrait préconiser une rénovation forcée de la fédération.