Le combat d'une famille pour conserver la garde de leur renardeau Zouzou

JUSTICE L'Office national de la chasse et de la faune sauvage veut placer l’animal en centre animalier, Ana-Paula et Didier refusent...

Julien Ménielle

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Photo non datée de Zouzou, renardeau menacé d'être retiré à la famillle qui l'a recueilli, près de Bergerac.
Photo non datée de Zouzou, renardeau menacé d'être retiré à la famillle qui l'a recueilli, près de Bergerac. — Famille Delanes

Zouzou mange des biscuits, dort dans sa niche. Zouzou est joueur et aime les câlins. Pourtant Zouzou est menacé d’être retiré à ses maîtres, car Zouzou n’est pas un chien mais un renard sauvage. Ana-Paula et Didier ont rendez-vous ce mardi au tribunal de Bergerac pour savoir ce qu’il adviendra de leur petit animal. Ils ont toutefois été autorisés à le garder chez eux depuis qu’ils ont refusé la proposition faite par la justice en mai dernier.

«Il joue avec les chats, il n’a jamais posé aucun problème»

«Quand Didier a trouvé Zouzou, il était au bord d’une voie rapide, sa mère venait de se faire écraser», raconte Ana-Paula à 20Minutes. C’était en avril 2010 et depuis, le renardeau vit avec la famille et ses deux enfants de 13 et 15 ans. «Il joue avec les chats, il n’a jamais posé aucun problème, ni avec nous ni avec aucune personne avec laquelle il a été en contact».

Mais en mars, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) passe contrôler un autre animal recueilli par la famille. Constatant la présence du renardeau, les inspecteurs verbalisent la famille. «Nous avons constaté la détention d'un animal sauvage, et l'absence de certificat de capacité nécessaire à l'élevage, explique à l’époque Aurélien Viau, chef du service départemental de l'ONCFS. L'animal est encore jeune et n'a pas rencontré de femelle. Son comportement pourrait changer en période de rut et devenir dangereux».

Placement en centre animalier

«Il est vacciné contre la rage, sa stérilisation est prévue, il vit dans un enclos aménagé sur les conseils d’un vétérinaire», se défend Ana-Paula. Zouzou aurait même déjà connu une période de rut au cours de laquelle il s’est juste montré un peu agité la nuit, mais pas agressif, selon sa maîtresse. Mais la loi c’est la loi, et mi-mai, le délégué du procureur de la République fait une proposition à la famille.

«200 euros d’amende, la possibilité de passer un certificat de capacité nécessaire à l’élevage, avec le placement de Zouzou dans un centre animalier dans le Calvados en attendant», indique Ana-Paula. C’est pour cette dernière raison que la famille refuse l’offre. «Pour obtenir le certificat, il faut compter 12 à 15 mois», explique Ana-Paula. Hors de question de laisser Zouzou aux mains d’étrangers pendant tout ce temps, et de perdre ainsi le bénéfice de la relation qui s’est installé entre le jeune renard et la famille.

«Les certificats de capacité sont rarement délivrés, les autorisations de détention, jamais»

Ana-Paula et Didier se sont attachés les services d’un avocat. Des frais supplémentaires, mais une gestion de pro pour leur dossier. La famille, qui ne pratique pas l’élevage de renard, espère obtenir une autorisation de détention d’un animal d’espèce non-domestique. «Mais nous n’avons reçu les documents que la semaine dernière, s’inquiète Ana-Paula. Et en Dordogne, les certificats de capacité sont rarement délivrés, les autorisations de détention, jamais.»

La famille et son avocat veut démontrer qu’il existe à ce niveau une inégalité avec les autres départements. Bénéficiant du comité de soutien «Sauvez Zouzou», présent aux audiences et sur Facebook, et forts des plus de 5.500 signatures recueillies par la pétition, le couple veut rester confiant avant l‘audience, pour laquelle leur avocat a demandé un report, le temps pour Zouzou d’avoir un peu de répit, et pour Ana-Paula et Didier de terminer leurs démarches.