Les Français tous inégaux face aux vacances d'été

EXCLUSIF C'est ce que révèle un sondage selon lequel près d'un Français sur deux devrait rester chez lui cet été...

Delphine Bancaud

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Illustration départ en vacances à la gare de Montparnasse, à Paris le 3 juillet 2010. 
Illustration départ en vacances à la gare de Montparnasse, à Paris le 3 juillet 2010.  — SICHOV/SIPA

La crise s’éloigne, mais les inégalités des Français face aux vacances demeurent. Selon un sondage Obea-InfraForces pour 20Minutes et France Info, 55% des Français envisagent de prendre la poudre d’escampette cet été. «Les 45% restants demeureront donc chez eux, ce qui prouve bien les problèmes de pouvoir d’achat d’une partie de la classe moyenne française. Alors qu’elle pouvait se permettre de partir il y a quelques années, elle ne le peut plus. Car la hausse de l’immobilier, entre autres, a grevé son budget», commente Yves Bontoux, enseignant en stratégie et marketing touristique à l’ESC Chambéry-Savoie.

Au-delà des raisons personnelles, c’est en effet le manque de moyens financiers et la nécessité de faire des économies qui sont les principaux motifs évoqués par les Français pour expliquer leur sédentarité cet été. Une sédentarité pénalisante à plus d’un titre, comme le souligne Yves Bontoux: «Le fait de rester chez soi ne permet pas de casser son rythme quotidien et de se ressourcer. Mais, c’est aussi dévalorisant socialement, d’où un sentiment d’exclusion.»

Une gestion stricte du budget

Privilégiés, ceux qui s’offriront des vacances n’en devront pas moins se serrer la ceinture. La majorité des estivants a ainsi privilégié des vacances économiques: 33% d’entre eux séjourneront dans leur famille, 14% dans un camping et 9% chez des amis. En outre, 11% des vacanciers déclarent vouloir restreindre leur budget vacances cet été.

Une recherche d’économies qui influe sur leur mode de consommation, comme le souligne Yves Bontoux: «Pour optimiser leur pouvoir d’achat, les Français réservent désormais leurs vacances à la dernière minute.» Cet été, 15% des estivants sondés ont ainsi retenu leurs vacances plus tard que d’habitude. Une tendance qui ne devrait pas décroître l’an prochain.