« Il n'y a aucun quartier où la police ne va pas »

Recueilli par anne-Laëtitia Béraud et Matthieu Goar

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Après deux mois d'expérimentation à Nice, Strasbourg, Poitiers, Mantes-la-Jolie et huit arrondissements parisiens, Claude Guéant vient de généraliser à toute la France sa nouvelle idée pour rapprocher les policiers et la population : les faire patrouiller à deux à pied ou à vélo.

Comment sont nés les patrouilleurs ?
L'un des volets les plus importants des missions de la police est de rassurer. Cela passe par la visibilité et par la qualité de la relation avec la population. Les policiers doivent être ostensiblement à la disposition de nos concitoyens.

Comment sont les premiers retours ?
Extrêmement positifs. On constate à Nice une baisse des vols à la tire de 23 %. A Strasbourg, le nombre de vols avec effraction a lui diminué de 21 %.

Certains policiers affirment qu'il sera impossible de patrouiller de cette façon dans les quartiers sensibles…
Il n'y a aucun quartier où la police ne va pas. Oui, le métier de policier est difficile, mais il faut aller partout. Dans ces quartiers, les policiers peuvent patrouiller à neuf, en trois équipes de trois à pied, et s'appuyer sur une brigade spécialisée de terrain.

Quelle est la différence avec la police de proximité des années Jospin  ?
La différence est absolument fondamentale. La police de proximité a été un échec, aboutissant à une hausse de la délinquance de 17 %. Le devoir de la police est d'interpeller les délinquants.

Des syndicats affirment

que les patrouilles sont incompatibles avec une baisse des effectifs …
Sur le second semestre 2011, je déploie 4 000 policiers et gendarmes en plus. Pas des policiers statutaires, mais 1 000 adjoints de sécurité et gendarmes adjoints volontaires. Nous faisons aussi appel aux heures supplémentaires et à la réserve de la gendarmerie et de la police.

Un commissariat attaqué dans le val-de-marne

Samedi soir, une vingtaine de personnes ont attaqué le commissariat de Champigny-sur-Marne. Aucun fonctionnaire n'a été blessé. Neuf jeunes âgés de 13 à 21 ans ont été placés en garde à vue. Selon les premiers éléments de l'enquête, les assaillants protesteraient contre l'arrivée d'une unité de police spéciale chargée de patrouiller pour éradiquer les trafics.