Un commissariat attaqué par des jeunes à Champigny

SECURITE Neuf personnes ont été interpellées samedi soir après les faits...

Hélène Colau

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Ils n'ont pas apprécié que des policiers viennent quadriller leur quartier pour mettre fin aux trafics. Samedi soir, une vingtaine de jeunes ont attaqué le commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Neuf personnes âgées de 13 à 21 ans ont été interpellées et placées en garde à vue dans la foulée.

Mais sur les faits, les versions divergent. Selon la police, les assaillants sont arrivés sur place vers 22h30, munis de barres de fer et de gros boulons. Ils auraient alors allumé des pétards et des fusées de feux d'artifice, puis s'en seraient pris aux policiers. Heureusement, aucun fonctionnaire n'a été blessé.

Barres de fer, pétards et fusées

Pour la préfecture du Val-de-Marne en revanche, le terme d'attaque n'est même pas justifié. «C'est une petite provocation, pas une attaque, tempère Patrick Dallennes, directeur de cabinet du préfet. Il n'y a pas eu de jet de projectile sur le commissariat, il n'y a pas eu de dégradation et il n'y a aucun blessé.»

Selon les premiers éléments de l'enquête, les jeunes assaillants, qui habitent tous dans la cité du Bois-l'Abbé, protesteraient contre l'arrivée d'une unité de police spéciale chargée de patrouiller pour éradiquer les trafics. Cette unité, au style proche des «patrouilleurs» mis en place par le ministre de l'Intérieur (lire encadré), travaillerait à Champigny-sur-Marne depuis quelques semaines seulement. Les jeunes s'en seraient pris au commissariat local, qui a été chargé de l'enquête, en guise de représailles.

Patrouilleurs

La création de «patrouilleurs» chargés de donner «plus de visibilité à la police» a été annoncée en avril par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Testés depuis deux mois dans cinq villes, ils viennent d'être généralisés à toute la France.