Affaire DSK: Et si Dominique Strauss-Kahn portait plainte à son tour?

JUSTICE Les récents rebondissements peuvent laisser envisager une contre-attaque de l'ancien patron du FMI...

Avec Reuters

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Dominique Strauss-Kahn (au centre), entouré de ses deux avocats, William Taylor (à gauche) et Benjamin Brafman (à droite), lors de son audience devant le tribunal de New York, le 6 juin 2011.
Dominique Strauss-Kahn (au centre), entouré de ses deux avocats, William Taylor (à gauche) et Benjamin Brafman (à droite), lors de son audience devant le tribunal de New York, le 6 juin 2011. — POOL NEW / REUTERS

Après six semaines en tant qu'accusé dans une affaire d'agression sexuelle qui apparaît sérieusement fragilisée, Dominique Strauss-Kahn pourrait devenir accusateur, ce qui comporte des risques et des chances réduites de succès.

L'ancien patron du FMI, âgé de 62 ans, semblait bien placé pour la présidentielle française de 2012 avant le 14 mai, jour de son arrestation sur la foi d'accusations lancées contre lui par une femme de chambre d'un hôtel newyorkais où il venait de séjourner.

Crédibilité

Cyrus Vance jr, procureur du comté de New York, a souligné vendredi que les accusations portées contre l'ancien ministre socialiste de l'Economie n'avaient pas été abandonnées mais il a reconnu qu'elles étaient fragilisées par la mise en doute de la crédibilité de la plaignante, Nafissatou Diallo.

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Si les accusations viennent finalement à être abandonnées, Dominique Strauss-Kahn pourrait souhaiter engager des poursuites contre la police newyorkaise ou les procureurs.

«Il a perdu sa fonctions à la tête du FMI», rappelle le juriste Michael Joseph. «Ses pertes financières sont potentiellement énormes.» Sans compter qu'il n'a pas pu - jusqu'à présent - se porter candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2012, intention qu'on lui prêtait au début du mois de mai.

Raison valable

Les particuliers qui estiment avoir été accusés à tort engagent parfois des poursuites pour obtenir des réparations.

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Dans le cas de Dominique Strauss-Kahn, les dommages subis sont d'ordre financier et moral. Il doit payer avocats et détectives et a dâ financer le régime assorti à sa liberté sous caution, tous frais évalués à 250.000 dollars par mois.

Surcroît d'attention

Remporter de tels procès en réparations s'avère cependant extrêmement difficile, et engager de telles poursuites risquerait d'exposer le passé de l'ex-directeur général du FMI à un surcroît d'attention.

Pour réclamer de telles réparations, un plaignant doit prouver qu'un agent de police l'ayant arrêté n'avait pas de raison valable de le faire. En arrêtant Dominique Strauss-Kahn, la police s'est fondée sur les accusations de la femme de chambre, ce qui apparaîtrait très certainement comme une «raison valable».

«Tant qu'ils (les policiers) pensent que le témoin est crédible, ils peuvent s'appuyer sur le compte rendu de la victime pour procéder à l'arrestation», explique Stephen Bergstein, juriste spécialisé dans les affaires de droits civiques.