Affaire Strauss-Kahn: Nafissatou Diallo, une victime sur le grill

JUSTICE La plaignante concentre maintenant les interrogations dans l'affaire DSK...

Avec Reuters

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Cyrus vance, district attorney (procureur) de New York, s'apprête à parler à la presse, le 1er juillet 2011 à New York, juste après l'audition levant les conditions de la libération sous caution de Dominique Strauss-Kahn.
Cyrus vance, district attorney (procureur) de New York, s'apprête à parler à la presse, le 1er juillet 2011 à New York, juste après l'audition levant les conditions de la libération sous caution de Dominique Strauss-Kahn. — AFP PHOTO/DON EMMERT

Si les récentes révélations ne remettent pas en cause les accusations de viol de Nafissatou Diallo à l'encontre de DSK, elles éclairent d'un jour nouveau la personnalité de la plaignante et jettent le doute sur sa parole.

Le New York Times revient vendredi sur les incohérences du témoignage de la femme de chambre qui accuse Dominique Strauss-Kahn d'agression sexuelle, soulignant que les soupçons des procureurs sont apparus une semaine environ après l'arrestation du patron du FMI.

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Au début, explique le journal, les relations entre la femme de chambre Nafissatou Diallo et les procureurs étaient bonnes, et son témoignage leur paraissait solide. Mais au fil du temps, déclare un responsable haut placé cité par le NYT, ils ont découvert que Diallo avait sur certains épisodes importants de sa vie présenté différentes versions laissant apparaître des incohérences.

Coup de téléphone en peul

Des soupçons sont apparus relativement vite sur les liens de la femme avec certains milieux, écrit le journal. Ainsi, une semaine après l'arrestation de Strauss-Kahn le 14 mai, les autorités ont appris l'existence d'un enregistrement d'une conversation entre un homme visé par une enquête pour trafic de drogue et un autre individu qui disait connaître indirectement la femme impliquée dans l'affaire Strauss-Kahn.

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Les enquêteurs du tribunal de Manhattan ont appris en outre que 28 heures après l'agression sexuelle présumée, la femme de chambre avait téléphoné à un homme emprisonné pour possession de drogue. La conversation a eu lieu en peul, et la traduction n'a été achevée que mercredi.

Crédibilité

C'est ce jour-là que les enquêteurs ont constaté qu'elle avait alors dit au détenu: «Ne t'inquiète pas, ce type a plein de fric. Je sais ce que je fais».

Peu à peu, la crédibilité de la plaignante s'est effritée, poursuit le New York Times. Diallo a menti sur les conditions de son immigration aux Etats-Unis et n'a pas révélé qu'elle avait des liens avec des personnes soupçonnées de délits.

Sanglots

Les confrontations avec les procureurs, explique le quotidien, sont devenues progressivement tendues, voire acrimonieuses. Tout d'abord calme, Nafissatou Diallo a par la suite éclaté en sanglots et s'est effondrée par terre lors de ses dépositions. Parfois, elle n'a plus communiqué pendant des jours avec les enquêteurs.

Le New York Times raconte que la dernière déposition devant les enquêteurs, jeudi dernier, a été accablante pour la jeune femme de 32 ans. Lorsque les enquêteurs lui ont présenté ses relevés prouvant des dépôts de milliers de dollars sur des comptes ouverts à son nom en Arizona, en Géorgie, à New York et en Pennsylvanie, la femme, qui avait dit à maintes reprises que son emploi à l'hôtel Sofitel était sa seule source de revenus, s'est recluse dans le silence et s'est tournée vers son avocat en quête de conseils.

«Il était sans voix», a dit de l'avocat un responsable cité par le NYT.