Affaire DSK: Les accusations pourraient s'effondrer

JUSTICE Le procureur doute de la crédibilité de la plaignante...

Maud Pierron

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Dominique Strauss-Kahn (au centre), entouré de ses deux avocats, William Taylor (à gauche) et Benjamin Brafman (à droite), lors de son audience devant le tribunal de New York, le 6 juin 2011.
Dominique Strauss-Kahn (au centre), entouré de ses deux avocats, William Taylor (à gauche) et Benjamin Brafman (à droite), lors de son audience devant le tribunal de New York, le 6 juin 2011. — POOL NEW / REUTERS

Coup de théâtre dans le cadre de l'affaire DSK. Le New York Times révèle ce vendredi que les accusations portées contre Dominique Strauss-Kahn «sont sur le point de s'effondrer». Le bureau du procureur a en effet des doutes sur la crédibilité de la plaignante, Nafissatou Diallo. Une information confirmée par une source proche de l'enquête à Reuters: «La crédibilité est mise en doute» et au New York Post, journal qui avait lancé l'affaire.

«Les enquêteurs ont découvert des failles importantes dans la crédibilité de la femme de chambre», relève le jounal, qui cite deux enquêteurs de manière anonyme. En effet, la jeune femme de 32 ans aurait menti à plusieurs reprises au cours de l'enquête, non pas sur les faits qui se seraient déroulées dans la suite 2806 du Sofitel de New York mais sur les circonstances des faits et son passé. Le quotidien rapporte que des membres du bureau du procureur ont rencontré jeudi les avocats de DSK pour évoquer ces éléments et discuter d'un éventuel rejet des accusations.

Coup  de téléphone et mouvement d'argent suspect

Les enquêteurs du procureur ont en effet découvert que la jeune femme pourrait être en lien avec des activités criminelles. Au lendemain des faits, elle a eu une conversation téléphonique avec un détenu condamné pour blanchiment d'argent, avec qui elle a évoqué le profit qu'il y a à maintenir ses accusations contre DSK. Une conversation enregistrée.

Les enquêteurs ont également noté des mouvements d'argent suspects au cours des deux dernières années sur les comptes de la plaignante, d'un total de 100.000 dollars, versés, entre autres, par ce détenu, arrêté en possession de 180 kg de Marijuana. Par ailleurs, les enquêteurs ont découvert que la femme de chambre d'origine guinéenne a menti lorsqu'elle s'est expliquée sur sa demande d'asile: elle a dit avoir été victime d'un viol et de mutilations génitales, ce qui n'apparaît pas dans son dossier. Une source proche de l'enquête a même dit au New York Post qu'il y a «bonne chance, elle pourrait faire expulser.»

Audience exceptionnelle

Tous ces élements devraient être communiqués plus en détails au juge Michael Obus et à la défense de DSK au cours d'une audience exceptionnelle convoquée ce vendredi à 17h30 heure française. Dans un premier temps, son contrôle judiciaire devrait être allégé. «De fait, M. Strauss-Kahn pourrait voir son assignation à résidence levée, signe qu'il est probable que les accusations criminelles graves portées contre lui ne seront pas maintenues», écrit le NYT.

C'est en tout cas un rebondissement de taille dans ce dossier puisque c'est le bureau du procureur, qui s'est montré très sévère à l'égard de DSK, qui apporte ces élements contre une femme présentée au début de l'affaire comme «irréprochable». Les avocats de DSK, eux, disaient avoir en leur possession des éléments qui «entameraient gravement la crédibilité» à la crédibilité de la plaignante.

Dominique Strauss-Kahn risque jusqu'à 25 ans de prison s'il est reconnu coupable des chefs d'inculpation de tentative de viol, agression sexuelle au premier degré, attouchements non consentis, emprisonnement illégal au second degré et agression sexuelle au troisième degré.