Toulouse: Un jeune autiste refoulé à deux reprises par un pilote de Tunisair

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Un autiste de 19 ans et sa mère ont été refoulés à deux reprises d'un vol de Tunisair au départ de Toulouse par le même commandant de bord, a indiqué la mère, Raouia Bouteraa, ce jeudi.

Selon le quotidien la Dépêche du Midi qui rapportait l'information, le commandant estimait que le jeune homme, Sofian, était trop agité. Sa mère assure «qu'il donnait simplement des petits coups dans le dossier».

Elle l'emmenait sur la tombe de son mari mort en 2009. Sofian n'avait pu assister à l'enterrement. Tunisair, qui n'est pas mise en cause par la famille, n'a pu être jointe jeudi matin à Toulouse.

Plainte pour discrimination

La compagnie tunisienne a promis à Raouia Bouteraa qu'elle allait pouvoir effectuer son voyage en Tunisie avec son fils, à bord d'un avion piloté par un autre commandant de bord, a dit Raouia Bouteraa à l'AFP. «Vous pouvez partir, votre place est prête samedi matin, m'a dit la compagnie», rapporte la mère.

Raouia Bouteraa dit avoir porté plainte contre le commandant de bord auprès de la police de l'air et des frontières (PAF) à l'aéroport de Toulouse-Blagnac pour «discrimination».

La famille devait également formuler une réclamation auprès de Tunisair.

«Il était un peu agité certes, mais il n'est absolument pas un danger»

Dimanche, «il faisait très chaud, l'avion avait du retard, tous les passagers étaient énervés. Mon frère est perturbé et un peu agité certes, mais il n'est absolument pas un danger, il avait faim et était perturbé dans son rythme», a précisé à l'AFP la soeur du jeune homme, Sarah Bouteraa, qui travaille comme agent de sûreté à l'aéroport de Toulouse.

Lundi matin, détaille-t-elle, le jeune autiste a été vu par son médecin généraliste, qui lui a prescrit quelques gouttes de valium à prendre avant le vol, pour éviter tout mouvement d'humeur. Le mardi, Raouia Bouteraa et son fils n'ont même pas été autorisés par le commandant de bord à entrer dans l'appareil, même si le jeune homme était «amorphe», a assuré Sarah Bouteraa.

«C'est discriminatoire, c'est inhumain, c'est un scandale», s'emporte la jeune femme qui devait saisir les associations Sésame Autisme Midi-Pyrénées et Vaincre l'autisme pour les alerter et obtenir leur appui.