La fin d'un an et demi de calvaire

faustine vincent

— 

L'annonce de la libération des journalistes a été saluée par une standing ovation, hier à l'Assemblée.
L'annonce de la libération des journalistes a été saluée par une standing ovation, hier à l'Assemblée. — M. EULER / AP / SIPA

La nouvelle est tombée hier après-midi, au moment où le comité de soutien des deux otages français, réuni à Paris, s'apprêtait à replier les banderoles : Stéphane Taponier, Hervé Ghesquière et leur interprète Reza Din sont libres. Après 547 jours de captivité, les deux journalistes de France Télévisions, pris en otages par des talibans le 29 décembre 2009 dans la province de Kapisa, en Afghanistan, étaient hier « aux mains des forces françaises » et « en bonne santé », selon le Premier ministre, François Fillon. L'Elysée, qui l'an dernier avait dénoncé « l'imprudence coupable » des reporters, s'est « réjoui » de cette nouvelle et a remercié le président afghan, Hamid Karzai, « pour la gestion de cette crise ».
Selon un journaliste de France 3 qui les a vus hier à l'ambassade de France à Kaboul, Stéphane Taponier, 48 ans, et Hervé Ghesquière, 47 ans, étaient « habillés en militaires […], le visage glabre […], en très bonne forme physique et morale ». « La première chose qu'ils ont demandée c'est que leur interprète, qui ne les a pas quittés depuis un an et demi, puisse être accueilli en France pour les vacances », a poursuivi le journaliste Pierre Babey, à qui les deux ex-otages ont demandé « des nouvelles de l'équipe de Nantes », de football sans doute.
Les conditions de libération étaient encore floues hier. Le chef de la diplomatie, Alain Juppé, a affirmé qu'il ne « répondrait pas » à ce sujet pour le moment. De son côté, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a confié au Monde que « cela fais[ait] plus d'un semestre que les conditions de libération [étaient] réunies ». La France a-t-elle payé une rançon ? Alain Juppé a assuré que non. Selon BFMTV, une rançon de plusieurs millions d'euros aurait été versée. Seule certitude : « les négociations ont été très compliquées, explique Reza Moini, de Reporters sans frontières. Car Kapisa est aux mains de différents groupes, avec chacun son chef. »
En un an et demi de captivité, cinq fois, des rumeurs ont annoncé une libération imminente. Cinq fois, les espoirs ont été douchés. Il a fallu attendre hier pour que le « vent d'optimisme » qui soufflait de nouveau à Kaboul et Paris se confirme enfin. Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière doivent atterrir ce matin vers 8 h à l'aéroport militaire de Villacoublay.