Travaux d'intérêt général pour les élèves: Une mesure qui fait consensus, mais dont la mise en place risque d'être compliquée

ÉDUCATION rincipale difficulté: trouver des associations capables non seulement de proposer des choses intéressantes aux élèves en question, mais en plus de les encadrer et de les surveiller...

Bérénice Dubuc

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Des élèves écoutent leur nouveau professeur, le 4 septembre 2007 dans un collège de Lyon, jour de la rentrée scolaire.
Des élèves écoutent leur nouveau professeur, le 4 septembre 2007 dans un collège de Lyon, jour de la rentrée scolaire. — AFP PHOTO JEFF PACHOUD

Le ministre de l’Éducation, Luc Chatel, a décidé d’ajouter à l'arsenal des sanctions pour les collégiens et les lycéens des travaux d’intérêt général. Appelés «tâche d'intérêt commun», ils doivent permettre non seulement de sanctionner les élèves qui se conduisent mal au sein de leur établissement, mais aussi leur faire comprendre les conséquences de leurs actes.

>> Lire kl'interview du président de la FCPE, qui considère que les travaux d'intérêt général sont uniquement répressifs

Une nouveauté plutôt bien accueillie par les parents d’élèves. Ainsi, pour Valérie Marty, présidente de la PEEP (Fédération des Parents d'Élèves de l'Enseignement Public), «c’est une bonne mesure, car cela donne aux chefs d’établissements et à la communauté éducative (enseignants et parents) un éventail de sanctions plus large, et surtout des sanctions éducatives».

Une décision qui ne va pas assez loin

Elle rappelle qu’auparavant, l’exclusion était la seule réponse après l’avertissement et le  blâme, «ce qui pénalisait l’élève sur le plan scolaire». Le fait que la «tâche d'intérêt commun» se fasse en dehors des heures de cours est, pour la même raison, un avantage supplémentaire pour la présidente de la PEEP.

Du côté des élèves, on est plus nuancé. Si Massira Baradji, le président de la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne), salue cette décision, il regrette en effet qu’elle n’aille pas assez loin: «Le ministre avait parlé de sanctions éducatives, qui ne serviraient pas seulement à punir sans réflexion derrière la simple exclusion. C’est un bon début, cela évite que les élèves soient dans la nature et déscolarisés, mais nous aurions voulu plus de sanctions éducatives, qui permettent à l’élève de comprendre pourquoi il a fait cela, et pourquoi il ne doit pas recommencer.» Ainsi, il donne l’exemple d’un élève sanctionné pour propos racistes qui aurait à préparer et à présenter un exposé sur le racisme.

«Bien choisir les associations partenaires»

Mais, si cette mesure fait presque l’unanimité, sa mise en place risque d’être compliquée: «La difficulté va être de trouver des associations capables non seulement de proposer des choses intéressantes aux élèves en question, mais en plus de les encadrer et de les surveiller», estime Valérie Marty, soulignant qu’«il faut bien choisir les partenaires, notamment pour les élèves qui ont un comportement violent». «Certaines associations et organismes sociaux pourront recevoir un élève qui a simplement commis une erreur, mais ce sera plus difficile pour celui qui est violent de façon récurrente», ajoute Massira Baradji pour qui il faudrait que plusieurs degrés de sanction soient mis en place.

Pour Valérie Marty, «tout le monde doit se mobiliser car il est important» que cette mesure fonctionne. «Ces travaux d’intérêt général vont permettre à l’élève de se poser avec des adultes en dehors  du cadre familial et éducatif, ce qui peut permettre d’amorcer un dialogue». Et «au niveau local, les rectorats et inspections académiques travaillent déjà avec certains partenaires, cela peut donc être mis en place assez vite». Un point de vue partagé par la FIDL. «Cela peut marcher, car les associations adhèrent en général» à ce type de projet, estime Massira Baradji. «Mais il faut que les moyens adéquats soient mis à la disposition de la communauté éducative.»