Médicaments: Les nouvelles mesures de précaution de Xavier Bertrand

SANTE Au programme: plus de transparence à tous les niveaux...

Ingrid Gallou

— 

Douze mille médicaments sont actuellement commercialisés.
Douze mille médicaments sont actuellement commercialisés. — a gelebart / 20 minutes

Huit mois après le scandale du Mediator, le ministre présentait hier les grandes lignes de sa réforme du médicament. Les changements tiennent en quelques mots: davantage de transparence, de suivis et d'informations. Il y aura donc un avant et un après Mediator. Symbole de cette transition, l'Afssaps change de nom. Rebaptisée «Agence nationale de sécurité du médicament» (ANSM), elle conserve néanmoins ses attributions, toujours en charge des produits de santé. Son mode de financement sera, en revanche, modifié, puisqu'elle fonctionnera désormais grâce aux subventions de l'Etat, via les taxes et les redevances payées par les laboratoires pour l'examen des dossiers des médicaments. Le nombre d'experts sera réduit «pour éviter une dilution des responsabilités». Tous devront remplir une déclaration d'intérêts, consultable par tous. Seule différence, les manquements a ces obligations seront sanctionnés. L'agence conservera sa mission de pharmacovigilance (la surveillance des effets secondaires d'un médicament) et sera dotée d'un département de pharmaco-épidémiologie.

Court-circuiter les pressions
En termes de pharmacovigileance, le ministre souhaite plus de confidentialité. Désormais, lorsqu'un médecin signalera un effet secondaire, son anonymat sera respecté afin de court-circuiter d'éventuelles pressions des politiques ou des laboratoires. Les patients, eux, seront encouragés à participer au processus grâce à un numéro vert sur les boîtes de médicaments. Des produits trop nombreux au goût du ministre, qui estime que «les Français consomment trop de médicaments et [qu'] il y a trop de molécules sur le marché». Douze mille médicaments sont en effet actuellement commercialisés. Beaucoup trop pour Xavier Bertrand, qui souhaite « une liste active » ainsi qu'une réévaluation du rapport bénéfice-risque des médicaments les plus anciens. Enthousiaste, Irène Frachon, la médecin qui a dénoncé le scandale du Mediator, a évoqué une véritable «rupture». Prochaine étape pour le projet de loi: le Conseil des ministres avant la trêve, puis l'épreuve de la réalité.