Education: Après la «massification», Sarkozy veut passer à la «personnalisation» des parcours scolaires

ÉDUCATION e chef de l'État veut-il en finir avec le collège unique?...

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Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde sur l'éducation à Plaisir, dans les Yvelines, le 23 juin 2011.
Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde sur l'éducation à Plaisir, dans les Yvelines, le 23 juin 2011. — AFP PHOTO/PHILIPPE WOJAZER

Nicolas Sarkozy a déclaré ce jeudi qu'il fallait passer du «collège unique» au «collège pour tous», en plaidant pour «la personnalisation des parcours scolaires» et la multiplication des «passerelles» entre l'enseignement général et l'enseignement professionnel.

Le président de la République s'exprimait au cours d'une table ronde sur le thème de l'absentéisme scolaire, après une visite au collège Blaise-Pascal à Plaisir (Yvelines). Il était accompagné du ministre de l'Education nationale Luc Chatel et du député UMP Eric Ciotti, auteur d'une loi prévoyant la suspension des allocations familiales en cas d'abstentéisme caractérisé d'un élève.

«Conséquences de la massification»

Nicolas Sarkozy s'est félicité de cette loi, très décriée par l'opposition, qui, selon lui, a permis de réduire de façon très sensible l'absentéisme scolaire. «Aller à l'école est un droit et un devoir. Ce n'est pas un menu à la carte», a-t-il dit.

C'était son second déplacement cette semaine sur l'éducation, après celui effectué mardi en Lozère, où il avait déjà dénoncé «les conséquences de la massification», avec la volonté d'amener «80% d'une classe d'âge en bac». «L'égalité républicaine, ce n'est pas traiter tout le monde de la même façon mais traiter chacun selon ses différences. Ce n'est pas donner la même chose aux Hauts-de-Seine et à la Lozère», avait-il argué.

La personnalisation ou «la troisième révolution»

Aujourd'hui, «les élèves sont de plus en plus différents» et pour «prendre en compte cette diversité, il ne peut y avoir qu'un maximum de réponses personnalisées», a affirmé Nicolas Sarkozy à Plaisir. «C'était la grande erreur du collège unique» que de ne pas en proposer, a-t-il ajouté.

Après la mise en place de l'école obligatoire et gratuite, après l'installation du collège unique, dans les années 1970, cette personnalisation des parcours scolaires doit constituer «la troisième révolution à mettre en oeuvre» dans l'éducation. «La qualité, pas la quantité (...). Cela va beaucoup nous occuper dans les mois à venir», a-t-il promis.

«Tous nos enfants ne sont pas des bêtes à concours»

Le président et son ministre de l'Education nationale réfléchissent notamment à une multiplication des passerelles entre enseignements général, technique et professionnel, entre filières littéraire et scientifique. «Nombre de familles voient l'orientation comme une sanction et pas comme un choix. Il faut absolument que l'excellence soit déclinée dans toutes les filières», a affirmé Nicolas Sarkozy. «Le processus d'orientation doit être plus progressif et réversible», a renchéri Luc Chatel.

Autre projet: le développement de la formation en alternance et l'apprentissage car «tous nos enfants ne sont pas des bêtes à concours», a plaidé Nicolas Sarkozy, notant que «83% des apprentis» décrochaient un emploi. «Nous visons le million d'apprentis», a-t-il dit. En conclusion, il a proposé de «sortir des débats idéologique parfaitement dépassés» et demandé «qu'on laisse plus faire les acteurs de terrain et (qu'on fasse) moins de circulaires».