Une ex-agent de police évoque des «viols» entre policiers, dont un «étouffé»

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Sihem Souid, ex-adjointe de la sécurité (ADS) à la police aux frontières (PAF) et auteur d'un livre très critique sur la police, a récemment évoqué publiquement des «viols» entre policiers dont un dans un commissariat parisien, «étouffé» selon elle.

Sur RMC, l'ancienne ADS a une nouvelle fois dénoncé lundi dernier le «sexisme" dans la police et déclaré qu'«il y a eu des viols entre collègues» citant, sans être plus précise, un cas «dans un commissariat (de police) sur Paris».

«Un peu comme l'affaire Ferry»

«Ca a été dénoncé puis étouffé», a-t-elle ajouté, sans autre précision, et les «victimes ont été mutées». «Le préfet de police de Paris (Michel Gaudin) a saisi l'IGS» - l'Inspection générale des services, la «police des polices» - afin qu'elle «ouvre une enquête sur (les) affirmations» de Sihem Souid, a déclaré à l'AFP la préfecture de police de Paris (PP) jeudi.

Interrogé par l'AFP ce jeudi matin sur ces mêmes affirmations qui ont, de sources policières, jeté le trouble dans la police, Nicolas Comte, secrétaire général d'Unité police SGP-FO (premier syndicat de gardiens de la paix), s'est dit «surpris de cette sortie».

«C'est un peu comme dans l'affaire (Luc) Ferry», qui a lancé des accusations d'actes de pédophilie contre un ancien ministre, a-t-il ajouté: «Soit elle a des preuves, il faut le dire et les produire, soit elle n'en pas et il faut se taire».

Suspendue à titre provisoire

Selon une source proche du dossier, Sihem Souid «devrait être entendue» par la «police des polices» dans le cadre de l'enquête déclenchée par le préfet.

En octobre 2010, Sihem Souid a publié un livre à succès, Omerta dans la police (éditions du Cherche-Midi), où elle dénonce un climat de racisme, de sexisme et d'homophobie à la PAF d'Orly, où elle était ADS.

Elle a été suspendue à titre provisoire quatre mois en décembre 2010 pour manquement à son devoir de réserve puis réintégrée le 1er avril à la préfecture de police.

Un conseil de discipline a proposé fin mai une «exclusion temporaire de fonction» de dix-huit mois, dont six avec sursis, contre elle. La décision de suivre ou non cette proposition appartient désormais au ministre de l'Intérieur, Claude Guéant.