Bugaled Breizh: Un avocat affirme avoir identifié le sous-marin responsable de l'accident

JUSTICE Cinq marins avaient péri en janvier 2004...

C. F. avec Reuters

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L'épave du chalutier Bugaled Breizh à Brest, le 15 juillet 2004, six mois après le naufrage.
L'épave du chalutier Bugaled Breizh à Brest, le 15 juillet 2004, six mois après le naufrage. — MAISONNEUVE/SIPA

Un avocat représentant la famille d'une des victimes du naufrage du Bugaled Breizh affirme avoir formellement identifié le sous-marin qui aurait causé l'accident, dans lequel cinq marins avaient péri en janvier 2004.

La responsabilité de plusieurs submersibles a été évoquée dès le naufrage du Bugaled, qui avait coulé en deux minutes au large de Cap Lizard le 15 janvier 2004 alors que plusieurs marines européennes menaient des exercices dans la zone.

L'identité du commandant du sous-marin non communiquée

«Nous allons prochainement demander à rencontrer les juges pour leur demander la mise en examen du commandant du sous-marin responsable du naufrage», a déclaré mercredi à Reuters l'avocat d'une famille des victimes, Dominique Tricaud.

«Sans que cela préjuge d'une condamnation», a ajouté l'avocat qui, tout en se montrant formel et en indiquant avoir réuni suffisamment d'éléments, n'a pas voulu donner davantage de précisions sur l'identité ou la nationalité de cet officier.

Polémique sur la présence de titane

Ces déclarations interviennent après qu'un nouvelle expertise a relancé la controverse sur l'implication d'un sous-marin dans le naufrage.

Selon ce rapport, dévoilé vendredi par l'hedomadaire Le Marin, la présence de titane, un composé chimique entrant dans la peinture de certains submersibles, sur les câbles tirant le chalut du navire (funes), ne serait pas un «indice» déterminant, ce même titane entrant dans la composition des peintures recouvrant les chalutiers.

Des conclusions remises en cause mercredi par Michel Kermarec, l'avocat du propriétaire du navire, qui les juge «inexactes et infondées». Il précise que les analyses menées en 2006 par deux experts du Laboratoire national d'essai et de métrologie, ont montré que la présence de titane correspondait à des parties déformées et abîmées de ces câbles, dégradations pouvant avoir été causées par un sous-marin. L'avocat a indiqué avoir demandé de nouvelles expertises aux deux juges nantais chargés de l'enquête.