Pour chaque panneau avertisseur de radar, un radar pédagogique

TRANSPORTS Chaque panneau signalant la présence d'un radar fixe sera remplacé par un radar pédagogique...

Anne-Laëtitia Béraud

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Un radar pédagogique installé à Vanves, mesurant en temps réel la vitesse des automobilistes
Un radar pédagogique installé à Vanves, mesurant en temps réel la vitesse des automobilistes — F. DURAND/SIPA

Après la cacophonie des dernières semaines sur la suppression des panneaux avertisseurs de radars, et le remplacement -éventuel- par des radars dits pédagogiques, le gouvernement brouille de nouveau sa communication.

Alors que le Premier ministre François Fillon et le porte-parole du gouvernement François Baroin avaient déclaré que les panneaux avertisseurs de radars ne seraient pas systématiquement remplacés, une note du ministère de l'Intérieur transmise aux préfets, dont l'AFP a obtenu une copie, leur donne aujourd'hui tort.

Selon cette fiche de synthèse, chaque panneau signalant la présence d'un radar fixe devra être immédiatement remplacé par un radar pédagogique lorsqu'il aura été démonté. Les automobilistes seront donc toujours systématiquement avertis de la présence d'un radar fixe.

Besoin d'«explications transparentes»

«La dépose des panneaux de présignalisation des radars fixes est conditionnée par l'installation de radars pédagogiques, dans la zone amont des radars fixes. La zone concernée peut être étendue de plusieurs centaines de mètres à plusieurs kilomètres», est-il indiqué sur cette fiche.

«La dépose des panneaux sera réalisée de manière concomitante avec la mise en place des nouveaux radars pédagogiques», ajoute le document.

Quant aux nouveaux radars fixes, leur installation «doit également être concomitante à celle d'un radar pédagogique», précise la fiche.

«La sécurité routière (...) doit faire l'objet d'explications permanentes et transparentes», et les préfets doivent s'assurer que «les lieux et moments des contrôles» de radars mobiles «sont adaptés à l'analyse de la dangerosité des réseaux routiers», car «la légitimité de l'action de l'Etat en dépend», ajoute le document.

Exaspération des parlementaires

La polémique sur les radars a débuté mi-mai, avec le durcissement, par le gouvernement, des sanctions contre la vitesse et l'alcool au volant pour lutter contre les mauvais chiffres de la sécurité routière de ces derniers mois.

Une partie des parlementaires de la majorité a alors manifesté -bruyamment- son mécontentement à l'exécutif sur les radars, relayant une «profonde exaspération» des électeurs.

«A l'heure où les yeux du monde sont braqués sur l'ancien directeur général du FMI, les Français semblent de plus en plus agacés du comportement de leurs élites et notamment des politiques», avaient-ils écrit dans ce courrier initié par le député des Bouches-du-Rhône, Richard Mallié.

Les fabricants d'avertisseurs de radars avaient également relayé la colère des usagers. Si les détecteurs de radars sont désormais interdits, ils vont désormais être «transformés» en «avertisseurs de zones dangereuses», a récemment déclaré le ministre de l'Intérieur Claude Guéant.