Le corps formellement identifié

envoyé spécial à Tournon-sur-Rhône, Vincent Vantighem

— 

« C'est le corps de Marie-Jeanne », a assuré le procureur de Privas.
« C'est le corps de Marie-Jeanne », a assuré le procureur de Privas. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

C'est une petite route escarpée qui offre une vue imprenable sur la confluence du Doux et du Rhône. A droite, des vignes. A gauche, des abricotiers. Au milieu, au pied d'une falaise, les enquêteurs ont retrouvé, mardi soir, un corps à demi calciné, enterré sous quelques centimètres de terre. Hier midi, il a été hélitreuillé et transporté dans un institut médico-légal. « C'est le corps de Marie-Jeanne », a déclaré le procureur de Privas, précisant qu'il fondait ses dires sur les résultats des tests ADN. Des analyses complémentaires seront effectuées « pour avoir éventuellement des pistes de connaissance ou d'orientation sur les circonstances du décès », a-t-il ajouté. A proximité du corps très abîmé de la jeune femme, les enquêteurs ont retrouvé ses lunettes et son baladeur MP3.

Un relief très accidenté
Saïd, 47 ans, a l'habitude de faire son footing dans ce lieu idyllique. « C'est forcément un mec qui connaît bien les lieux qui a fait le coup », lâche-t-il sur la place de ce bourg de 11 000 habitants. C'est aussi ce que pensent les enquêteurs. Depuis dimanche, ils ont recueilli beaucoup de témoignages. Notamment celui d'un voisin qui a affirmé avoir vu un feu samedi soir dans les collines. « Le relief est très accidenté, confirme le lieutenant colonel Emmanuel Josse, en charge de l'enquête. Il y a beaucoup de pistes. De nombreuses personnes ont vu des choses. »
En attendant, les habitants sont sous le choc. « Il y a ceux qui ne disent rien, mais tirent une tronche de six pieds de long et il y a ceux qui ont besoin d'en parler pour se libérer un peu », assure Jacques derrière le comptoir de son tabac. Les plus touchés sont sans doute ses camarades du lycée Gabriel-Faure. Thomas* était dans la classe de Marie-Jeanne. « C'est très dur de faire abstraction. Mais je pense qu'elle n'aurait pas voulu qu'on se morfonde. Elle était première de la classe. » Demain, une marche sera organisée en sa mémoire.