Collégienne tuée à Florensac: Drame de la violence ordinaire ou altercation qui a mal tourné?

ENQUÊTE es policiers tentent de déterminer les circonstances du drame...

A Florensac, Vincent Vantighem

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Des gendarmes assurent la sécurité, le 20 juin 2011, devant le collège  de Florensac après le décès d'une jeune fille de 13 ans, violemment  agressée quelques heures plus tôt, à la sortie de l'établissement par le  frère de l'une de ses camarades (lundi 20 juin 2011)
Des gendarmes assurent la sécurité, le 20 juin 2011, devant le collège de Florensac après le décès d'une jeune fille de 13 ans, violemment agressée quelques heures plus tôt, à la sortie de l'établissement par le frère de l'une de ses camarades (lundi 20 juin 2011) — AFP PHOTO PASCAL GUYOT

De notre envoyé spécial

«D’habitude on voit ça à la télé. Le fait que cela se passe dans notre village, ça fait froid dans le dos», lâche une maman visiblement émue par la mort, lundi après-midi, de Carla, 13 ans, devant son collège de Florensac (Hérault). Moins de 24 heures après les faits, l’enquête a déjà bien avancé pour déterminer les circonstances du drame.

Dans l’après-midi, Gaël*, l’auteur des coups meurtriers, s’est présenté avec sa mère à la gendarmerie voisine de Pézenas. «Il n’a pas voulu la tuer, assure le père de deux enfants scolarisés dans l’établissement. Il a voulu se venger. Mais comme il fait de la boxe, il n’a pas contrôlé la violence de ses coups.»

De fait, c’est une simple altercation au sujet d’une amourette qui est à l’origine de l’affaire. Carla et Manon*, l’une de ses camarades de 5e A du collège Voltaire, se chamaillaient depuis un mois pour obtenir les faveurs du même garçon. La situation s’est envenimée. «Il y a quelques semaines, il y a déjà eu une altercation sur le parcours santé du village», confirme un habitant. «Et puis avec Facebook, elles se sont échangées des insultes qui n’ont rien arrangé», confirme une source policière. La semaine dernière, les deux jeunes filles se sont battues aux abords du collège, toujours pour les mêmes raisons.

Le maire était au courant

Même le maire de ce petit bourg de 4.000 habitants était au courant de l’affaire. Il avait vu les mamans des deux jeunes filles et essayait de mettre en place une médiation. Il n’en a pas eu le temps. Dans une famille divorcée où la mère élève seule ses trois enfants, Gaël tentait d’endosser le rôle du patriarche du haut de ses 15 ans.

Scolarisé dans un établissement de Sète, il s’est donc rendu, lundi midi, à la sortie du collège de sa soeur pour mettre fin au différend. Dès qu’elle a franchi les grilles blanches, Carla a été prise à partie. Coups de poing, coups de pied, l’auteur des faits se serait acharné sur elle alors qu’elle était à terre. C’est en heurtant le bitume avec la tête que la victime aurait perdu conscience. Après deux arrêts cardiaques, elle est décédée dans l’après-midi. Une autopsie doit être pratiquée ce mardi

 

* Le prénom a été modifié