Procès Colonna: Le breger corse condamné une troisième fois à la perpétuité

JUSTICE Ses avocats annoncent qu'il se pourvoira en Cassation...

Matthieu Goar

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Yvan Colonna devant la cour d'assises de Paris le 4 mai 2011.
Yvan Colonna devant la cour d'assises de Paris le 4 mai 2011. — AFP PHOTO/BENOIT PEYRUCQ

La 33e question noie les derniers doutes. «A la question: “Yvan Colonna est-il coupable d’avoir à Ajaccio, le 6 février 1998, volontairement donné la mort à Claude Erignac?”, la réponse est oui à la majorité...», déclare le président. Un murmure traverse la salle, la nouvelle épouse du berger se prend la tête dans les bras.

«Je suis innocent»

Après les procès de 2007 et 2009, Yvan Colonna est condamné une troisième fois à la perpétuité, sans période de sûreté cette fois-ci. «Je suis innocent», crie-t-il une dernière fois avant de se tourner vers ses proches qui applaudissent ironiquement. La bise au frère, une caresse sur la tête de son fils, un baiser à sa compagne et Colonna retourne en prison.

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Sans surprise. Les magistrats professionnels de la Cour d’assises spéciale l’ont d’ailleurs reconnu coupable de tous les chefs d’accusation, qualifiant de «opportunes et laconiques» les rétractations du commando qui avaient accusé Colonna et pointant sa cavale de quatre ans, «alors que même son père lui demandait de se rendre à la justice».

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Le président Stéphan a balayé d’un revers de la main «les pressions policières», l’un des axes forts de la défense de Colonna. «Nous ne savons pas s'il existe un magistrat assez indépendant et impartial en France pour innocenter Colonna», annonce maître Sollacaro avant de dénoncer une nouvelle fois les «turpitudes de l'enquête». Les cinq avocats de Colonna ont annoncé d’une seule voix que leur client se pourvoirait en Cassation, puis saisirait la justice européenne en cas d’échec. «Au bout du chemin, il y aura l'innocence d'Yvan Colonna», conclut maître Simeoni.

Ce qui signifie que l’affaire Colonna n’est peut-être pas terminée. «Pensez à la famille Erignac qui a déjà passé 6 mois dans les tribunaux à cause de cette affaire. C’est un marathon judiciaire extrêment dur», lâche l’avocat de la veuve, Maître Baudelot.