Le parcours ultra-sécurisé d'une copie de bac: «Notre mission c’est d'éviter toute fuite à chaque étape du transfert»

BACCALAUREAT Chaque année l'Education nationale gère près de 4 millions de copies de bac...

Céline Masfrand

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Un élève planche sur l'épreuve de philosophie du Baccalauréat 2010 au lycée Jacques Callot de Vandoeuvre les Nancy le 17 juin 2010
Un élève planche sur l'épreuve de philosophie du Baccalauréat 2010 au lycée Jacques Callot de Vandoeuvre les Nancy le 17 juin 2010 — P. EMILE/SIPA

C’est le coup d’envoi. Ce matin les lycéens ont planché sur la première épreuve du bac et certains auraient donné cher pour connaître le sujet. Mais, pas la peine de chercher, «C’est quasiment mission impossible! Tout est fait sur mesure et le moindre doute de fuite n’est évidemment pas admis par le rectorat», souligne Vincent Goudet, directeur du SIEC (Service Inter académique des Examens et Concours), qui nous éclaire sur le parcours -du combattant- d’une copie de bac.

Confection des sujets

Près de 2.000 sujets sont élaborés pour le bac chaque année. La moitié d’entre eux sont des sujets principaux et, l’autre,des sujets de secours en cas de fuite. A partir de septembre débute la rédaction des sujets, proposés par des enseignants membres des commissions qui travaillent sur la matière en question.

Et pour la sélection? «Chaque commission est présidée par un inspecteur général de l’Education nationale et un enseignant de l’université, ce sont donc eux qui valident la présélection», précise Vincent Goudet.

Test

Entre novembre et février débute la phase de test: «On donne à des enseignants le sujet et ils doivent le traiter dans un temps limité bien inferieur au temps réglementaire qui sera donné aux lycéens», poursuit-il. Si le sujet passe ce cap, alors c’est au recteur de donner la validation finale. «Pour sécuriser au maximum la confidentialité des sujets les enseignants ne savent même pas si le sujet qu’ils ont proposé a été choisi», insiste le directeur du SIEC. 

«Les professeurs signent des attestations de confidentialité, sur l’honneur, et n’ont théoriquement même pas le droit de dire qu’il on participé dans la confection des sujets», précise-t-il.

Impression

Les sujets sont imprimés par académie et répartis entre les différents centres d’examens. Le lieu de l’impression est tenu secret et sous haute surveillance. Dans chaque imprimerie des vigiles sécurisent l’entrée, des portes et rideaux d’acier sont baissés et le système de vidéosurveillance est activé. «Même les sujets ratés sont détruits pour éviter toute fuite de sujets récupérés dans les poubelles», souligne Vincent Goudet.

Transport et répartition

Les sujets sont emballés, scellés et le transport est scrupuleusement orchestré. «Si un sujet est «grillé» l’académie le fait alors remonter au Ministère de l’Education nationale et c’est la Direction générale de l'enseignement scolaire (D.G.E.S.C.O) qui décide de son sort», ajoute Vincent Goudet.

Les sujets sont transmis aux différents centres d’examens dans des camions de déménagement pour éviter d’attirer l’attention. Camion qui est lui-même encadré par deux véhicules. Le chauffeur, quant à lui, ne sait même pas qu’il transporte des sujets de bac. «Notre mission c’est d’éviter toute fuite à chaque étape du transfert», souligne le directeur du SIEC. Les chefs d’établissements ont ensuite la responsabilité totale des sujets qu’ils stockent généralement dans un coffre fort jusqu’au jour J.

Correction

C’est l’académie qui choisit ses correcteurs. Les copies sont bien entendu anonymes et décachetées uniquement après la correction. Le premier temps de la correction est assuré par la commission d’entente. Elle a lieu avant que les correcteurs récupèrent les copies: «Il s’agit d’échanger sur le sujet qui est tombé et dedéfinir les difficultés éventuelles liées à la correction», explique Vincent Goudet.

Dans un second temps, pour toutes les matières -hors matières scientifiques- une commission d’harmonisation est mise en place dans chaque académie. «Cela permet d’éviter les cas d’injustice au niveau de la notation», précise Vincent Goudet. Pour les matières scientifiques cependant, le correcteur face à une copie problématique peut contacter un référent de l’académie et lui faire part de ses soucis de correction.

Et après le bac?

Les copies sont stockées pendant 1 an dans chaque académie est sont ensuite supprimées. Les lycéens qui souhaitent obtenir davantage de détails sur leur note peuvent demander à consulter leur copie. Ils doivent pour ce faire demander un formulaire via Internet et leur copie leur est ensuite envoyée avec les commentaires du correcteur.