Cannabis: Villepin prône une dépénalisation

RÉACTIONS u contraire, pour le gouvernement, sa dépénalisation serait «une erreur totale»...

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Dominique de Villepin, chef de la formation République Solidaire, présentait son «projet citoyen» au Press Club à Paris, le 14 avril 2011.
Dominique de Villepin, chef de la formation République Solidaire, présentait son «projet citoyen» au Press Club à Paris, le 14 avril 2011. — A.GELEBART / 20 MINUTES

«Je  suis contre la pénalisation et pour la dépénalisation, je propose qu'en  contrepartie on choisisse la voie de la contravention.» Après la gauche, qui a  relancé mercredi le débat sur la dépénalisation du cannabis, y compris  dans ses propres rangs, en prônant, dans un rapport parlementaire, une  «légalisation contrôlée» de cette drogue, c'est au tour de Dominique de Villepin de se prononcer  pour la dépénalisation de l'usage du cannabis, qu'il souhaiterait voir  sanctionner d'une simple contravention.

L'ex-Premier ministre l'a dit lors de l'émission Elections  2012 (YouTube/CFJ/AFP), qui doit être diffusée ce jeudi dans la journée, et a également  souligné que cette mesure permettrait d'alléger  la charge des services de police et de justice.

«Il est temps de décriminaliser l'usage»

«En ce qui  concerne le cannabis, 4 millions de consommateurs en France, 90.000  interpellations dans notre pays, ce qui engorge nos services de police,  mobilise la police judiciaire pour des enquêtes qui, souvent, sont  infructueuses», a-t-il dit. «Je ne suis pas sûr que nous soyons  mûrs pour une légalisation, même pour une légalisation sous contrôle.  Par contre il est temps de décriminaliser l'usage, la consommation de  cannabis et de passer à un stade contraventionnel», a souligné Dominique  de Villepin.

«La contravention c'est un message suffisant mais  nécessaire, parce que la consommation de cannabis reste dangereuse»,  a-t-il ajouté. L'usage de produits stupéfiants est interdit par  l'article L3421-1 du code de la santé publique, qui prévoit des peines  maximales d'un an d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende. Cependant,  il s'agit de peines maximales et, dans la pratique, les magistrats ont  une grande marge d'appréciation et l'emprisonnement est exceptionnel. En  cas d'interpellation, le consommateur peut éviter la sanction pénale en  acceptant une aide médicale, psychologique et sociale.

La dépénalisation, «une erreur totale et dangereuse pour les jeunes» selon Bertrand

Du côté du gouvernement, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a estimé que la dépénalisation serait «une erreur totale et dangereuse pour les jeunes», ajoutant qu'il ne pense pas «qu'il soit utile de lancer un débat comme le fait Daniel Vaillant». Selon le ministre de la Santé, «la société française ne veut pas de la dépénalisation du cannabis».

«Je crois à la place de l'interdit», a-t-il fait valoir et «la voie de la dépénalisation serait une erreur totale et dangereuse pour les jeunes». Tout en convenant qu'il fallait «remporter davantage de succès dans la lutte contre les drogues et les addictions», le ministre a souligné le fait que la dépénalisation d'un produit «n'empêchait pas forcément la contrebande», en citant l'exemple des cigarettes. Enfin, il a affirmé que des pays qui s'étaient engagés dans la voie de la dépénalisation revenaient en arrière, citant la Grande-Bretagne.