Crash Rio-Paris: Les corps sont arrivés ce vendredi à Paris

CATASTROPHE Ce sera le début d'un long processus d'identification...

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Un camion transportant les corps des victimes du crash du Rio-Paris part du port de Bayonne à destination de Paris, le 16 juin 2011.
Un camion transportant les corps des victimes du crash du Rio-Paris part du port de Bayonne à destination de Paris, le 16 juin 2011. — P.ANDRIEU / AFP

Les dépouilles de 104 des 228 victimes de l'accident de l'Airbus d'Air France Rio-Paris de juin 2009, rapportées par bateau jeudi, sont arrivées ce vendredi matin à Paris pour le début d'un long processus d'identification. Les conteneurs des corps sont arrivés par la route depuis Bayonne pour être «ensuite conditionnés» dans un lieu tenu secret avant d'être transportés «dans la matinée» vers l'Institut médico-légal (IML).

Après deux semaines de navigation sur l'Atlantique, un navire câblier affrété par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), L'Ile-de-Sein, était entré jeudi à l'aube dans le port de Bayonne, dans une atmosphère lugubre et pluvieuse. A son bord, deux conteneurs renfermaient les débris de l'Airbus A330 d'Air France et deux autres, réfrigérés, les restes de victimes. Les débris de l'avion ont été entreposés près de Toulouse dans un hangar de la Direction générale de l'armement, s'ajoutant à ceux qui s'y trouvent depuis juillet 2009.

«La discrétion et la dignité»ont été respectées

A Bayonne, l'opération de déchargement avait pris quatre heures de retard, en raison d'une «panne exceptionnelle et totalement imprévisible» d'une grue. Toutefois, «la discrétion et la dignité» voulues par les autorités à la demande des familles ont été respectées, et aucun spectateur n'a pu approcher du lieu d'accostage, où s'est tenue une brève cérémonie avant un acheminement des conteneurs par camion jusqu'à Paris. Mais les familles sont divisées face au retour des restes de leurs proches.

Certaines souhaitent en effet récupérer un corps qui ne reviendra pas, tandis que d'autres recevront des dépouilles qu'elles auraient peut-être préféré laisser par 3.900 m de fond. Cinquante corps avaient été retrouvés juste après l'accident et 74 autres dépouilles reposent pour toujours au fond de l'Altantique au large du Brésil. Le président de l'association de victimes «Entraide et Solidarité AF447», Jean-Baptiste Audousset, avait souligné le côté possiblement «traumatisant» du retour des cadavres.

Une identification qui «prendra des semaines, voire des mois»

Les corps doivent être maintenant autopsiés et identifiés au cours d'un processus très encadré scientifiquement et juridiquement, qui «prendra des semaines, voire des mois», avait expliqué samedi à l'AFP le colonel François Daoust, chef de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).

«Trois médecins légistes, deux radiologues et deux orthodontistes vont être mobilisés à plein temps à l'IML» de Paris, a précisé la préfecture de police (PP). Selon la PP, «il faut se donner au moins une bonne semaine voire deux avant d'apporter des éléments, le but étant de rendre au plus tôt et au plus vite les corps aux familles».

Rapport d'étape fin juillet pour l'enquête technique

Toutes les données ante et post mortem seront intégrées au logiciel spécialisé Plass Data, qui proposera des correspondances possibles entre elles, avant qu'une commission d'identification ne «décide éventuellement» d'attribuer une identité à chaque corps, selon l'IRCGN.

Du côté de l'enquête technique, grâce aux boîtes noires repêchées début mai, le BEA a établi que l'avion avait décroché et que la chute avait duré 3 minutes, sans pouvoir déterminer les causes du drame. Un rapport d'étape est attendu d'ici fin juillet. Quant à l'enquête judiciaire, elle est menée par deux juges d'instruction parisiens qui ont mis en examen Airbus et Air France pour homicides involontaires.