Mieux informer sur le don d'organe

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Objectif : l'intérêt du patient.
Objectif : l'intérêt du patient. — sintesi / sipa

   Devant l'évolution exponentielle des besoins en organes à des fins de greffe, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) répugne à parler de « promotion » du don sur fond de « pénurie », termes qu'il juge inappropriés. N'empêche, les besoins seraient actuellement quatre fois supérieurs à l'offre, entraînant chaque année des centaines de drames humains. « De très nombreuses personnes restent des mois, voire des années, dans un état de santé précaire et certaines décèdent faute d'avoir été greffées », écrit le CCNE. Selon Bertrand Weil, l'un des rapporteurs de l'avis rendu hier, 400 personnes en attente d'un organe unique (cœur, foie...) mourraient chaque année. Or, poursuit-il, « si l'on prenait en considération toutes les personnes en état de mort apparente, on pourrait satisfaire toutes les listes d'attente depuis un an ». Aussi, le Parlement modifie-t-il actuellement la loi de bioéthique pour élargir le cercle des donneurs potentiels. « Mais tout ce qui est faisable est-il autorisable et utile ? », s'interroge Alain Grimfeld, président du CCNE. Parmi les freins, le Comité identifie la forte méconnaissance du prélèvement post mortem par la société française et préconise une plus large diffusion de l'information afin, le moment venu, d'améliorer le dialogue avec les proches. Il conseille par ailleurs de maintenir une séparation nette entre les équipes de réanimation, dont l'objectif ne doit être que l'intérêt du patient, et les équipes de prélèvement, qui interviennent ultérieurement, après le constat de la mort. I. G.