Fauchage d'OGM: Ségolène Royal à la barre pour José Bové

AGRICULTURE A Poitiers, Royal a témoigné au procès de José Bové. A la demande de l'écologiste...

M. Go.

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José Bové et Ségolène Royal, au tribunal de Poitiers, lors du procès de l'eurodéputé pour fauchage d'OGM, le 14 juin 2011.
José Bové et Ségolène Royal, au tribunal de Poitiers, lors du procès de l'eurodéputé pour fauchage d'OGM, le 14 juin 2011. — NOSSANT/SIPA/1106141836

Soudés contre les OGM. Mardi, à Poitiers, José Bové, faucheur d’OGM qui comparaissait devant le tribunal correctionnel, et Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, ne se sont pas lâchés.

Conférence de presse commune à l’hôtel de région, arrivée très médiatique côte à côte au palais de justice… Pour le député européen comme pour la candidate aux primaires socialistes, cette audience est surtout une tribune anti-OGM. Mais n’allez surtout pas leur parler d’opération de communication. «Je me souviens que Ségolène Royal a été la première à venir nous rendre visite lorsque nous avons débuté une grève de la faim, le 3 janvier 2008 à Paris. La lutte contre les OGM est pour elle un combat de fond», explique l’écologiste, qui a demandé à la socialiste de témoigner à ce procès. «Elle est à la fois un appui et un soutien.» 

Une région sans OGM

Dans ses murs du conseil régional, Ségolène Royal a profité de l'occasion pour des afficher des panneaux sur l'agriculture locale à 99,1% sans OGM. Elle aussi s'insurge. «Il faut arrêter de dégrader les causes pour lesquelles on se bat. J'ai été convoqué à ce procès il y a des mois, bien avant ma candidature», explique la socialiste, qui s'intéresse à ce combat depuis un moment.

En 1992, ministre de l'environnement, elle avait été à l'initiative d'un des premiers textes sur les OGM. Et lors de son arrivée à la présidence de la région, Royal avait interdit la culture des OGM, une première en France (un moratoire a depuis interdit leur production en février 2008). 

Royal pour la désobéissance civile?

Dans un essaim de caméras, les deux politiques se rendent donc ensemble au palais de justice. A pied et accompagnés de militants. C'est dans ce tribunal, en correctionnel, que sont jugés José Bové et les 7 autres faucheurs pour avoir détruit deux parcelles d’essais de Monsanto 810, un maïs génétiquement modifié, en août 2008. 150 personnes avaient participé à cette action.

Depuis le matin, les débats sont techniques, Bové s'en mêle parfois lorsqu'une scientifique témoigne pour Monsanto. Texte écrit à la main, Royal reste à la barre près d'une heure.«Ces 8 faucheurs ont alerté l’opinion, ils ont rendu service à l’intérêt général et je peux le dire très tranquillement, ils ont sauvé des dizaines de milliers d’emplois dans la région», détaille-t-elle, avant d'évoquer les 55 produits labellisé de sa région.

Ce qui provoque l'étonnement de la juge. «Vous, une représentante du peuple, n'est-ce pas paradoxal de défendre une action illégale?» Royal assume. «La visibilité de cette action a permis une meilleure application du droit», conclut-elle. Avant de filer faire une nouvelle déclaration dans la salle des pas perdus. Pour les faucheurs, le procès continuait. Deux cents jours-amende à 50 euros ont été requis en fin d'après-midi et le verdict  devrait être mis en délibéré.