20 % des cigarettes proviennent de la contrebande

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L'avertissement ferait presque frémir. Sur son site flambant neuf, British American Tobacco (BAT) affirme qu'« aujourd'hui, lorsqu'un fumeur allume une cigarette de contrebande ou de contrefaçon, il participe peut-être sans le savoir au financement d'un trafic d'armes, d'un réseau de prostitution, d'un groupe terroriste, ou d'un trafic de proximité ».
Selon l'industrie du tabac en effet, 20 % des cigarettes fumées ne proviendraient pas du réseau officiel des bureaux de tabac. D'après Yves Trévilly, porte-parole de BAT, 15 milliards de cigarettes achetées en France échapperaient aux taxes. En cause, les fortes hausses de 2003, qui auraient poussé les clients dans l'illégalité. « Enfummage », répond le CNCT. Preuve en est, selon l'expert Luk Joossens, « c'est dans les pays où le tabac est le moins cher que la contrebande est la plus répandue ». Les antitabac accusent les fabricants de confondre volontairement achats transfrontaliers et contrebande pour rallier l'opinion publique.
Florence Berteletti-Kemp, directrice du Smoke Free Partnership, va plus loin. Pour elle, les cigarettiers utilisent la contrebande pour contrer des mesures de santé publiques telles que les hausses de prix.I. G.