L'affaire Berksman rend son verdict

— 
Suzanne Berksman, hier.
Suzanne Berksman, hier. — M.LIBERT / 20 MINUTES

   Le bras de la justice n'a pas tremblé. Hier, après deux heures de délibération, la cour d'assises du Nord a condamné Mohamed Medjahed à trente ans de prison pour le meurtre de Sophie Berkmans. La peine est assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans. La rhumatologue de 41 ans avait été retrouvée égorgée dans son cabinet de Valenciennes en octobre 2002. « Votre fille, vous la faites aimer à travers vous, avait lancé l'avocat général à la mère, Suzanne Berkmans, lors de son réquisitoire. Avec vous, elle est présente aujourd'hui pour qu'on lui rende justice. »
  Après neuf ans d'attente, le dossier Berk­mans a donc trouvé son coupable. « Après une telle enquête, Mohamed Medjahed n'a pas été mis en cause par hasard », a rappelé Me Pascal Vanhelder, avocat des parties civiles. L'ADN retrouvé sur deux morceaux d'ongle, les mensonges de l'accusé, ses condamnations précédentes : les arguments ne manquaient pas.
  Pourtant, les deux avocats de Mohamed Medjahed, n'ont pas rendu les armes. Ils ont relevé les zones d'ombre de l'enquête : ces trois ADN « inconnus » retrouvés sur la scène de crime, les allées et venues des secours et enquêteurs ayant pu perturber la scène... Il reste la personnalité de Mohamed Medjahed, décrit comme un « marginal » ayant « un problème avec les femmes ». « Puisqu'il est capable de le faire, c'est alors qu'il est coupable », caricature l'un de ses deux avocats. « C'est sa vie qui explique ce crime », estime de son côté Me Vanhelder, « satisfait » du verdict.à douai, Olivier Aballain