Le Président Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde sur l'éducation à Bagnères-de-Luchon, le 14 avril 2011.
Le Président Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde sur l'éducation à Bagnères-de-Luchon, le 14 avril 2011. — AFP PHOTO LIONEL BONAVENTURE

PRISON

Exécution des peines: Nicolas Sarkozy sur la même longueur d'onde que le rapport Ciotti

Le chef de l'Etat aurait l'intention de répondre favorablement aux propositions faites par le député UMP dans son rapport rendu ce mardi...

C’est le jour J pour Eric Ciotti. Le député UMP rend ce mardi le rapport sur la détention que Nicolas Sarkozy lui a commandé. Le chef de l’Etat, selon Le Figaro de ce mardi, entend répondre favorablement aux propositions de durcissements contenues dans le document, qui ne déclenchent pourtant pas un enthousiasme unanime à droite.

Eric Ciotti propose de construire immédiatement des places de prison, y compris sur d'anciennes installations militaires, et de limiter les aménagements de peine pour remédier au problème des décisions de justice non exécutées. Dans son rapport, l'élu des Alpes-Maritimes recommande aussi que l'exécution des peines soit placée sous la responsabilité exclusive du parquet, lié au pouvoir exécutif. Il prône la création d'un «service civique» pour les mineurs délinquants multirécidivistes.

Une situation «intolérable pour les victimes»

Nicolas Sarkozy entend faire adopter certaines de ces propositions avant la fin de son mandat, par voie d'amendement dans le projet introduisant des jurés populaires en correctionnelle. Les syndicats de magistrats critiquent par avance l'idée, soulignant que le chef de l'Etat va ainsi revenir sur des mesures prises par son propre gouvernement, dans un contexte de très grave crise de surpopulation carcérale.

«Ce serait dommage de revenir sur une mesure du programme présidentiel de 2007», a également critiqué l'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati, tandis qu’au ministère de la justice on a indiqué ne pas avoir attendu Eric Ciotti pour agir. Mais pour ce dernier, la situation demeure «inacceptable» et «est intolérable pour les victimes, mais aussi pour tous ceux qui sont attachés au respect de la loi», indique-t-il dans son rapport.